Caractéristiques
Quatrième de couverture
Note du traducteur
Préface
Sommaire
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Titre original : Where are the Customers' Yachts ? or a Good hard look at Wall Street
Auteur : Fred SCHWED, Jr.
Publication : 2003 (première en 1940)
Traducteur : Eric Pichet
Editeur : Les éditions du siècle
ISBN : 2-913068-08-1
Nombre de pages : 230
Prix : 22 Euros
II y a très longtemps de cela, un étranger visite la Bourse de Wall Street. En sortant,
son guide lui montre la marina :
« - Et ici, vous pouvez admirer les yachts des banquiers et des agents de change !
- Mais où sont les yachts des clients ? » demande alors le naïf visiteur.
Paru pour la première fois aux ETATS-UNIS en 1940, constamment réédité depuis, Mais où
sont les yachts des clients ? est un des deux plus grands classiques de la littérature
boursière américaine.
L'auteur, qui a travaillé pendant 10 ans à Wall Street, a suivi la folle hausse de la
Bourse et le krach de 1929.
II expose dans un langage très imagé, appuyé par d'innombrables et savoureuses anecdotes,
la partie cachée de l'iceberg boursier.
Il analyse également les mécanismes psychologiques des différents intervenants en Bourse,
explique qui s'enrichit, qui perd.. .et pourquoi.
Un livre très drôle et très instructif pour tous ceux qui veulent vraiment comprendre
les mécanismes boursiers. Comme nous le rappellent l'éclatement de la bulle Internet et
la chute des marchés depuis 2000, rien de nouveau sous le soleil de la Bourse : chaque
génération de financiers finit toujours par répéter les erreurs des générations
précédentes.
Beaucoup plus qu'un simple livre sur la Bourse, Mais où sont les yachts des clients ?
est un véritable précis de sagesse boursière.
Traduit de l'américain par Eric PICHET, après Mémoires d'un spéculateur (en 1996), l'autre grand classique de la littérature boursière américaine.
« Ce qu 'un acte de traduction véritablement inspiré offre en réparation (de la trahison
qu'est toute traduction), c 'est quelque chose de nouveau qui était déjà là.»
George STEINER, Errata, Récit d'une pensée,
(GALLIMARD, 1998, page 141.)
Si vous interrogez les habitués de Wall Street et les universitaires américains spécialistes
des marchés financiers en leur demandant de citer les deux plus grands classiques de la
littérature boursière américaine, vous tomberez presque systématiquement sur Réminiscences of a
stock operator d'Edwin LEFEVRE (1923)
Avant 1996, aucun de ces trois grands titres de la littérature boursière n'était accessible au public francophone, alors que ni l'emploi de l'argot boursier (des années vingt aux années quarante) ni l'humour si particulier des professeurs de finance américains n'en rendaient la compréhension très aisée, même pour un lecteur maîtrisant bien l'anglais.
Edwin LEFEVRE, esprit curieux, devenu journaliste après avoir pratiqué cent métiers, a conté la légende de James LlVERMORE dans Mémoires d'un spéculateur.
Burton G. MALKIEL, du haut de son estrade d'universitaire (professeur à PRINCETON, il est titulaire de la chaire de la Chemical bank), s'est penché avec un talent d'entomologiste, un incontestable esprit de synthèse et une bonne dose d'humour sur les soubresauts de la Bourse pour en conclure que les graphes ne mènent nulle part (ce qui n'est pas rien) et que les analystes financiers font assez correctement leur métier (dans la limite de leurs compétences et de la qualité des comptes qu'ils examinent...). Le tout aboutissant inévitablement à la conclusion affligeante qu'il est (grosso modo) impossible à qui que ce soit (sauf aux initiés qui risquent la prison) de faire mieux que l'indice et que, les actions étant à long terme le pire des placements... à l'exception de tous les autres, un investisseur raisonnable n'a qu'une seule attitude sensée à adopter : acheter de l'indice (qu'il s'appelle Dow Jones, CAC-40 ou DAX, peu importe), de préférence en passant par les fameux trackers sur lesquels les frais sont faibles, car la seule chose qui ne soit pas aléatoire en Bourse, ce sont les frais et les commissions des professionnels...
Le troisième larron, notre Fred SCHWED Junior, fréquemment cité par MALKIEL et par quelques autres, a passé une dizaine d'années en Bourse (qui lui ont procuré au passage un merveilleux poste d'observation sur la spéculation de la fin des années vingt et les sympathiques années qui ont suivi le krach de 29) avant de publier un unique livre (réédité une fois du vivant de l'auteur, en 1955, sans qu'il ait souhaité y changer quoi que ce soit d'ailleurs), qui semble renfermer, pour les siècles des siècles, toutes les facettes de la Bourse et toutes les ruses des professionnels. Je l'ai découvert en américain sur le tard (en 2002) et comme tant d'autres, j'ai immédiatement succombé à son charme : happé par le livre, il me fallait le finir toutes affaires cessantes ; le monde extérieur s'étant en quelque sorte mis de lui-même entre parenthèses. D'autant que l'été 2002, date de ce coup de foudre, était une période assez favorable à la redécouverte des vicissitudes des marchés après l'éclatement des bulles spéculatives. Il faut reconnaître une indéniable pertinence à la remarque, placée par l'éditeur au dos de la version originale, de Michael LEWIS, auteur de Poker menteur : « Mark TWAIN n'aurait pas fait mieux s'il avait traité du sujet », ainsi qu'au jugement de Bob FARRELL Senior, Vice-président de Merril LYNCH, affirmant à propos de ce délicieux classique boursier... que « mis à part le fait que les ordinateurs ont remplacé les stylos en Bourse, rien n'a fondamentalement changé depuis ce livre ».
Pour les Français, un classique est un livre qui mérite d'être imité comme un modèle, qui fait autorité dans une matière et qu'on enseigne dans les classes. C'est en cela que Mais où sont les yachts des clients ? est un vrai classique, car à travers ce tableau de la Bourse on en apprend (presque) autant sur la nature humaine que dans les pièces de SHAKESPEARE et de MOLIERE.
Ce livre, datant de 1940 et écrit par un professionnel des marchés sans prétentions universitaires, recèle de multiples chausse-trapes : beaucoup de références datées, liées au contexte new-yorkais, des allusions à la culture américaine des classes moyennes. En outre, l'auteur reprend nombre d'expressions argotiques chères aux marchés financiers, auxquelles se mêlent moult métaphores empruntées au base-ball, des sentences bibliques définitives, des phrases attribuées à SHAKESPEARE, voire à VOLTAIRE (forgée de toutes pièces pour la circonstance de surcroît, mais enfin, il serait incongru de jeter la pierre à un Américain qui cite un de nos plus fins esprits). C'est pourquoi, dans le souci d'éclairer le public francophone, j'ai usé (abusé ?) des notes du traducteur, ce procédé ayant pour unique objet de permettre à tous les lecteurs, y compris à mes étudiants, de comprendre ce chef-d'œuvre. Pour éviter toute confusion avec les notes de l'auteur, ces dernières sont signalées, en bas de pages également, par l'abréviation NDA, les notes du traducteur par l'abréviation NDT.
Malgré ce recours aux notes de bas de page, cette traduction m'a imposé des choix cornéliens : ainsi, les Wall streeters sont devenus les « pros de Wall Street », « les boursiers » ou « les financiers » au gré du contexte, le board room est devenu la "salle de marché", la grande salle commune dans laquelle les clients s'installent pour regarder les cours, discuter avec les employés et... passer des ordres. Les statisticians, eux, étaient les intellectuels de la Bourse (ils maniaient avec une grande dextérité la règle à calcul). Enfin, pour comparer les cours, on retiendra qu'1 $ de 1940 vaut approximativement 10 $ actuels.
Je souhaiterais conclure cette note par une remarque personnelle : la traduction des Mémoires d'un spéculateur (réalisée en 1996) avait été pour moi une immersion dans le Wall Street du début du XXème, à l'époque du capitalisme sauvage, des barons voleurs et des grands spéculateurs qui n'avaient en général pas plus de considération pour l'argent que des marins totalement éméchés. Ce fut également la découverte d'un véritable personnage de roman avec ses doutes, ses ivresses et son extraordinaire sens du marché. La traduction de La Marche au hasard, sans doute le meilleur livre sur la Théorie moderne du portefeuille et ses implications, m'avait ensuite entraîné dans l'univers d'un grand universitaire américain et dans ce mix indispensable de théorie financière et d'expérience des marchés que l'on trouve malheureusement trop rarement en France. Si, pour reprendre la splendide expression du grand traducteur que fut BAUDELAIRE, « traduire, c'est faire de sa volupté une connaissance », la traduction des Yachts fut sans aucun doute, des trois grands classiques de la littérature boursière américaine, celle qui m'a procuré le plus de plaisir. SCHWED sait, en effet, allier la connaissance des marchés de LIVERMORE au sens de la litote et de l'euphémisme du Pr. MALKIEL. Cette délicieuse distanciation et cette indulgence envers un monde finalement très romantique (les boursiers sont tous de grands romantiques, écrit-il, à juste titre) explique sans doute la longévité du livre... aux ETATS-UNIS et sans doute en FRANCE. Au lecteur francophone de juger désormais ce qui l'emporte dans ce classique, de l'agréable ou de l'utile.
Le traducteur Eric PICHET
Paris, juillet 2003
J'aime à penser que lorsque je suis tombé par le plus grand des hasards sur ce délicieux petit livre, je me suis trouvé nez-à-nez avec le fantôme de SCHWED qui semblait m'attendre, un verre de gin tonic à la main. Je flânais paresseusement dans les rayons de la bibliothèque de PRINCETON3 et avais un peu hâtivement conclu que rien de ce qui avait été publié sur le Wall Street des années 20 ne pouvait offrir le moindre intérêt pour quelqu'un qui souhaitait consacrer un livre au Wall Street des années 80. Mais au moment où je reposai le dernier bouquin poussiéreux sur l'étagère, je remarquai un volume à la couverture plus cuivrée, et mieux reliée. Une fois le livre en main, je n'ai pas pu m ' en séparer avant de l'avoir terminé.
Ainsi, bien avant Burton MALKIEL et sa Random walk down Wall Street, Fred SCHWED Junior avait déjà écrit un grand livre sur la Bourse. Il avait commencé à travailler en Bourse au début des années 20 après s'être fait viré de PRINCETON la veille de passer le diplôme - on avait découvert une fille dans sa chambre après 18 heures. Il n'est resté que quelques années en Bourse et n'écrivit en tout et pour tout qu'un seul témoignage sur son expérience. Mais c'est un joyau. C'était à l'époque un livre très drôle sur la Bourse, qui reste encore aujourd'hui un livre très drôle sur la Bourse. Et le plus étonnant est qu'il n'a jamais cessé de nous amuser alors que tant d'écrits « d'humeur » sur cette période semblent avec le temps être tombés en désuétude. S'il se vend encore, c'est sans doute qu'il continue à éclairer notre expérience.
Ce que SCHWED a réussi à faire, c'est à saisir parfaitement - dans un langage très simple et pas du tout simpliste - le grain de folie qui niche au cœur du monde de l'investissement : la croyance largement répandue selon laquelle il existe quelque part quelqu'un qui peut vous dire comment transformer un peu d'argent en beaucoup d'argent, et vite fait. S'il faut dégager une ligne directrice de ce qui suit, ce sera celle-ci : « le métier qui consiste à choisir des investissements profitables n'implique aucune compétence particulière. Il n'y a tout simplement pas d'offre disponible. » Et cependant, beaucoup de gens donnent des conseils en investissement, et plus encore en reçoivent. Quel sort devons-nous donc réserver à cette activité ?
Etant aux premières loges pour observer de près le métier de l'investissement, Fred SCHWED décida qu'il en était bien plus amusé qu'outragé. « Le courtier influence le client avec sa connaissance du futur », écrit-il, « mais seulement après qu'il s'est convaincu lui-même. Le pire qui puisse lui arriver est qu'il cherche à se persuader, à tort, et qu'il y réussisse, toujours à tort. »
Que SCHWED ait choisi de traquer le grain de folie, et non le péché, est sans doute plus lié à
son caractère qu'à sa fréquentation du monde de la finance. Son père était un adepte de la vente à
découvert
Il a dû beaucoup s'amuser avec ce livre...
Michael LEWIS
| Introduction à l'édition - parue en plein marché haussier - de 1955 | 21 |
| I. INTRODUCTION : « La modeste contribution d'un poète mineur » | 34 |
| II. FINANCIERS ET PROPHETES | 59 |
| III. LES CLIENTS - CE PEUPLE COURAGEUX | 92 |
| IV. LES FONDS D'INVESTISSEMENT -PROMESSES ET PERFORMANCES | 114 |
| V. LE VENDEUR A DECOUVERT -CE CHEVALIER NOIR | 136 |
| VI. PUTS, CALLS, STRADDLES ET BARATIN | 156 |
| VII. LE BON VIEUX TEMPS ET LES GRANDS CAPITAINES D'INDUSTRIE | 170 |
| VIII. L'INVESTISSEMENT - BEAUCOUP DE QUESTIONS, MAIS BIEN PEU DE REPONSES | 190 |
| IX. LES REFORMES - DU POUR ET DU CONTRE | 209 |
| NON-CONCLUSIONS | 226 |
| LE DERNIER MOT DE L'AUTEUR | 229 |
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