Pas d'accord sur le risque

Forum destiné à recueillir vos avis et questions au sujet de 'La Bourse pour les nains'.
N'hésitez pas à vous exprimer.

Modérateur : webmaster

Répondre
etiab
Messages : 22
Enregistré le : 15/01/2005 10:00
Localisation : Environs de Toulouse

Pas d'accord sur le risque

Message par etiab » 27/01/2006 12:00

Bonjour,

Je viens de lire les nombreuses pages mathématiques de bnains sur le thème du risque.
C'est une construction très séduisante mais à mon avis inutile puisqu'il est écrit (mais pas suffisamment développé à mon avis) que le risque calculé est basé sur des résultats passés sans préjuger de l'avenir.
Aucun lien précis est fait entre l'écart-type (le risque tel qu'il est défini ici) et la notion intuitive du risque qui pourrait être définie par la probabilité de passer sous un objectif de rendement r à une date d.
Dans le même ordre d'idée, pourquoi prendre arbitrairement la volatilité d'une action comme critère pour la définition du risque ? Le Risque a des définitions très rigoureuses en statistique : ce n'est pas l'écart-type d'une distribution. Il s'applique sur des échantillons prélevés dans le présent et ne peut rien préjuger du futur.

Je suis prêt à écouter les arguments des tenants de cette méthode. Mais pour les raisons que j'ai invoquées je ne vois pas l'intérêt d'une telle méthode pour entrer en bourse.

Pour investir en bourse avec une espérance de PV importante il me semble plus judicieux par exemple d'analyser le comportement moutonnier des actionnaires. Corréler des réactions passées récurrentes avec la conjoncture à ces dates. Ne retenir que les situations où la corrélation est bonne agir pour anticiper dès que cette conjonction réapparait dans l'avenir.


C'est du moins, en toute modestie, mon humble avis d'observateur extérieur :roll:

F.

Renard

Message par Renard » 27/01/2006 22:16

Nous sommes tous passés par cette premiere réfutation du risque. Maintenant (après 2-3 ans de bourse), je pense qu'il faut plutôt prendre cette notion du risque comme un postulat de l'investissement en bourse (peut etre parce que la théorie ne peut modéliser une meilleur définition).

Renard

Avatar du membre
webmaster
Messages : 775
Enregistré le : 14/06/2003 15:21
Contact :

Message par webmaster » 28/01/2006 13:43

Merci pour votre message. Les débats sur le risque sont toujours intéressants. Pour compléter la réponse de Renard et en préambule, je tiens à indiquer que la notion de risque est probablement la plus complexe à laquelle un investisseur individuel soit confronté. Je pense que le chemin parcouru par chacun d'entre nous passe dans un premier temps par la case 'Rendement', puis par la case 'Risque' lorsque l'on commence à comprendre qu'un lien étroit relie les deux. Ensuite se pose la question de la nature de ce lien, puis celle de la nature du risque et de son anticipation ou de sa prévision. J'ai rédigé les pages relatives au risque lorsque j'ai pris conscience de tout cela, mais l'ensemble s'avère complexe à manipuler du fait de la nature même du concept de risque.
etiab a écrit :C'est une construction très séduisante mais à mon avis inutile puisqu'il est écrit (mais pas suffisamment développé à mon avis) que le risque calculé est basé sur des résultats passés sans préjuger de l'avenir.
Si le passé préjugeait de l'avenir, il n'y aurait plus de risque. Or il y en a bien puisque l'on est incapable de prévoir les variations futures d'un titre, et ce quel que soit l'horizon de temps considéré.

La volatilité fluctue au cours du temps, mais sauf faillite d'une société ou OPA, les variations de son cours ne deviennent jamais nulles ni constantes. La volatilité passée permet donc d'estimer la volatilité future, sans pour autant la prédire (sinon ce serait trop facile).
etiab a écrit :Aucun lien précis est fait entre l'écart-type (le risque tel qu'il est défini ici) et la notion intuitive du risque qui pourrait être définie

par la probabilité de passer sous un objectif de rendement r à une date d.
Le lien est implicite : si l'on accepte l'approximation selon laquelle la distribution des variations suit une loi normale (ou log-normale, même si l'on sait que la distribution réelle est différente puisque la probabilité d'évènements extrêmes est beaucoup plus importante), on peut justement estimer grâce à la volatilité observée quelle est la probabilité d'obtenir un rendement supérieur ou inférieur à un rendement donné. Le fil de discussion 'mesure du risque' devrait répondre à votre question, ainsi que celui relatif à la 'notion de risque. J'ai une page en préparation à ce sujet, mais sa durée de gestation tend malheureusement vers l'infini.
etiab a écrit :Dans le même ordre d'idée, pourquoi prendre arbitrairement la volatilité d'une action comme critère pour la définition du risque ? Le Risque a des définitions très rigoureuses en statistique : ce n'est pas l'écart-type d'une distribution. Il s'applique sur des échantillons prélevés dans le présent et ne peut rien préjuger du futur.
Je pense que la volatilité a été prise par les chercheurs en finance comme mesure du risque pour des raisons de simplicité (facilité de calcul) et pour une raison pragmatique : sur le long terme, la volatilité d'un actif diversifié est relativement constante.
etiab a écrit :[...]je ne vois pas l'intérêt d'une telle méthode pour entrer en bourse.
Je vous invite à essayer de répondre aux questions suivantes :
- après un, deux ou trois ans de placements en bourse, comment calculez-vous la performance de votre gestion ? Et comment la comparerez-vous à celle que vous auriez pu obtenir en confiant votre capital à d'autres gérants ?
- quelle part de votre capital acceptez-vous de perdre en bourse ? Comment vous proposez-vous de limiter cette perte potentielle ?
- quel dispositif allez-vous mettre en oeuvre pour maximiser vos chances de perdre moins que la part maximale acceptée ?
etiab a écrit :Pour investir en bourse avec une espérance de PV importante il me semble plus judicieux par exemple d'analyser le comportement moutonnier des actionnaires.
C'est selon moi tout à fait pertinent. La supériorité des approches contrariennes me semble démontrée, au moins pour ce qui est de l'investissement moyen/long terme. En acceptant cela et en imaginant que plusieurs méthodes d'investissement de ce type existent, comment les comparer ? Et comment décider de celle que vous allez mettre en oeuvre ? Si vous en mettez plusieurs en oeuvre, comment allez-vous décider de la part de votre capital consacrée à chacune d'entre elles ? Enfin, comment allez-vous décider du levier à employer (qui peut être inférieur à 1 ou supérieur, même dans une optique d'investissement).

Pour compléter ces réponses, je pense que vous pouvez vous intéresser à d'autres ratios de mesure du risque comme par exemple le ratio de Sortino, de Calmar ou de Stutzer et regarder du côté de la VAR (Value At Risk), en commençant par les documents RiskMetrics pointés par le fil en question.

Webmaster

Liens potentiellement intéressants sur le sujet :
Mise en oeuvre de l'optimisation du portefeuille
RiskMetrics
edge-fund.com (et Risk and Performance Measurement For Alternative Investment)
GloriaMundi.org
Edhec-risk

gigi
Messages : 1000
Enregistré le : 09/01/2005 20:30
Localisation : Paris
Contact :

Risque.

Message par gigi » 29/01/2006 10:06

une petite remarque sur le commentaire suivant:
La volatilité fluctue au cours du temps, mais sauf faillite d'une société ou OPA, les variations de son cours ne deviennent jamais nulles ni constantes. La volatilité passée permet donc d'estimer la volatilité future, sans pour autant la prédire (sinon ce serait trop facile).
En fait, la volatilité relative des actions reste respectées, sauf au moment des annonces. Ainsi, Alcatel a toujours été plus volatile que Air Liquide. Ce sont des constantes que l'on retrouve de façon certaine.
Un changement dans le rythme de volatilité se produit très rarement (en relatif, toujours), et indique alors dans ce cas un changement majeur dans la gestion de la société, ce qui est décelable par l'analyse fondamentale (rachat de société, diversification, PDG ayant un management différent plus prudent ou plus innovateur, ...)

Pour votre information, la volatilité du marché parisien en 2005, qui a été très faible, et en constante diminution depuis les attentats de 2001, a commencé à se redresser en fin d'année dernière (Q4), et continue encore à monter.

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité