Méthode d'optimisation incorrecte

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Djule
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Méthode d'optimisation incorrecte

Message par Djule » 19/03/2006 22:28

Je viens de terminer la lecture de la théorie sur la gestion des portefeuilles. Selon ce que je viens de lire, l'optimisation de son portefeuille boursier serait basée sur une bonne gestion des facteurs risque/rendement.

Je suis a mon grand regret pas d'accord avec cette théorie.

De Bondt et Thaler ont établi que les actions présentant de faibles rendements sur une période de trois ans surperformaient ultérieurement considérablement les titres dont les rendements avaient été les plus élevés au cours de ces trois ans. Ainsi, un portefeuille composé des 35 valeurs les plus médiocres (le portefeuille des « poids morts ») accumulait un rendement de 25 % supérieur sur 36 mois au rendement d'un portefeuille constitué des valeurs les plus performantes (le portefeuille des « vedettes »).


Les fluctuations du cours d'une action sont basées sur la santé économique de la société et non pas sur son rendement passé.

A chaque heure de la journée, les marchés financiers sont submergés de nouvelles informations. Une société peut annoncer par voie de communiqué des résultats bien meilleurs que prévu ou une importante acquisition... Les opérateurs et les investisseurs s'empressent d'ingérer l'information et de la répercuter sur le cours de Bourse.

Pour moi les outils nécessaires à une bonne gestion d'un portefeuille boursier sont l'analyse technique et l'analyse fondamentale.

L'analyse fondamentale sert a savoir quel action acheter, et l'analyse technique sert à savoir quand acheter cette action.



Voila... :)

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Message par webmaster » 08/05/2006 13:38

Bonjour,

L'étude de De Bondt et Thaler, comme beaucoup d'autres démontre la supériorité sur le long terme d'approches de type 'value' (ie analyse fondamentale et valeurs délaissées) sur les approches de type 'growth' (ie valeurs de croissance à la mode). Ces études mettent en évidence des phénomènes de retour à la moyenne et plus généralement de distorsions dans l'appréciation de la valeur des entreprises. Elles portent généralement sur des univers de valeurs très étendus et se basent sur la constitution de portefeuilles représentant des déciles de ces univers. L'objet de ces études ne portant pas sur l'optimisation de la mise en oeuvre de la stratégie testée, mais sur la mise en évidence d'une 'anomalie' (vue de la théorie d'efficience des marchés), les valeurs constituant les portefeuilles sont généralement équipondérées.

A mon sens l'optimisation constitue l'étage suivant de la fusée. Si le premier étage consiste à trouver une stratégie qui marche, le second étage devrait consister à essayer d'en tirer les meilleurs résultats possibles via l'utilisation éventuelle de levier. Il est possible de prendre un levier énorme par exemple en investissant dans des options sur le MONEP, mais le risque augmente en proportion. La question devient donc : quel levier prendre ? La réponse passe par la détermination du niveau de risque accepté. Une fois celui-ci déterminé, l'optimisation peut aider à obtenir le meilleur rendement avec le minimum de risque. Ensuite on peut adapter le levier (au-dessus ou en-dessous de 1) en fonction du risque accepté.

Bien sûr il est possible de sauter l'étape d'optimisation pour passer directement à la détermination du levier en prenant pour risque la volatilité d'un portefeuille équipondéré par exemple.

Globalement, l'optimisation ne prétend pas fournir le bon portefeuille, elle peut être utilisée pour déterminer la composition du meilleur portefeuille parmi un univers de valeurs sélectionnées au préalable. C'est le deuxième étage de la fusée. Le troisième étant la détermination du levier.
Djule a écrit :Les fluctuations du cours d'une action sont basées sur la santé économique de la société et non pas sur son rendement passé.
Oui et non. Oui sur le très long terme, mais définitivement non sur les court et moyen termes. Par exemple, De Bondt et Thaler ont justement prouvé l'inverse sur un horizon de trois ans. Ils ont mis en évidence un phénomène de sur-réaction aux bonnes et mauvaises nouvelles conduisant à un phénomène de retour à la moyenne bénéficiant aux valeurs 'délaissées'.
Djule a écrit :L'analyse fondamentale sert a savoir quel action acheter, et l'analyse technique sert à savoir quand acheter cette action.
J'aurais personnellement tendance à dissocier les deux approches et à transformer cet adage pour lui faire dire : "l'analyse fondamentale sert à investir sur le long terme et l'analyse technique à spéculer sur le court terme". Mais ce n'est que l'avis d'un nain parmi d'autres. Un élément toutefois : autant il est aisé de trouver des backtests de stratégies fondamentales portant sur les moyen ou long termes qui permettent d'obtenir de bons résultats (même si les échantillons ne sont pas statistiquement significatifs), autant je n'en ai personnellement jamais vu qui soient basés sur l'analyse technique. Par contre on peut trouver quelques études sérieuses concluant à la validité de l'analyse technique sur des stratégies de court terme (hors frais et ne battant à ma connaissance pas les approches values de long terme).

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