50 petites expériences en psychologie de l'épargnant et de l'investisseur

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Caractéristiques

Auteur : Mickaël MANGOT
Publication : 2007
Editeur : Dunod
ISBN : 978-2-10-049949-6
Nombre de pages : 204
Prix : 18,53 Euros


Quatrième de couverture

  • Pourquoi votre collègue est-il votre premier conseiller en matière d'épargne-retraite ?
  • Pourquoi les hommes préfèrent-ils les actions et les femmes les obligations ?
  • Pourquoi faut-il demander un prix exorbitant quand on vend sa maison ?
  • Pourquoi trouvez-vous toujours que les gérants de SICAV sont nuls ?
  • Pourquoi gagnez-vous moins en Bourse depuis que vous passez vos ordres sur Internet ?

Aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire de savoir comment bien épargner et investir. Notre niveau de vie futur en dépend. Or, les questions financières sont tout sauf intuitives. Nos raisonnements et nos émotions nous conduisent souvent à faire de mauvais choix.

Dans ce livre sont présentées plus de 50 expériences scientifiques sur les comportements des épargnants. Ces expériences permettent de comprendre les ressorts cachés de nos décisions financières et les causes de nos principales erreurs. Elles fournissent de précieuses indications pour qui souhaite gérer son argent plus efficacement.

 

Mickaël MANGOT

Diplômé de l'ESSEC, il est membre du laboratoire de recherche TEAM à l'université Paris 1 et du programme doctoral de l'ESSEC. Ses travaux portent sur les comportements d'épargne et d'investissement. Il est notamment l'auteur de Psychologie de l'investisseur et des marchés financiers qui a obtenu le prix Turgot en 2006.


Avant-propos

Aujourd'hui, plus que jamais, il est nécessaire de savoir comment bien épargner. Les bouleversements économiques et sociaux plaident pour une plus grande implication des individus dans leurs décisions financières. Les inégalités des revenus du travail ne cessent de se creuser, incitant les salariés à se tourner vers d'autres sources de revenus. Les rémunérations elles-mêmes évoluent avec l'essor des stock-options ou des plans d'épargne entreprise. Le boom de l'immobilier a encore aggravé les inégalités de richesse et créé un fossé entre ceux qui avaient placé dans la pierre et ceux qui avaient fait un autre choix. Le système de retraite glisse, lui, inéluctablement vers un régime par capitalisation si bien que les actifs vont être de plus en plus en charge de la préparation de leur propre retraite. De son côté, la finance offre une gamme toujours plus large de produits à l'épargnant individuel, augmentant sa chance de trouver des placements conformes à ses besoins mais rendant aussi le choix de moins en moins simple.

Or, bien épargner est déjà tout sauf une chose intuitive. Il faut pouvoir être capable de déterminer combien on épargne chaque mois et dans quels produits on place cette épargne. Ce sont ces décisions fondamentales qui déterminent à long terme la richesse d'un individu, d'un ménage ou d'une famille. Les réflexes instinctifs ou nourris par l'expérience personnelle ou celles des proches ne constituent pas toujours des règles d'or pour naviguer dans le marigot des décisions financières. Les raisonnements, qui paraissent relever du bon sens, peuvent en effet relever de syllogismes. Les émotions peuvent conduire à des décisions incohérentes ou, au contraire, empêcher des choix judicieux. Enfin, le mimétisme et la comparaison sociale incitent à reproduire des schémas dont on ne sait rien de leur efficacité.

Mais tout n'est pas nécessairement perdu. La confrontation des points de vue antagonistes de l'économie et de la psychologie a donné naissance à un nouveau courant de recherche, l'économie comportementale, qui décrypte comment les gens prennent leurs décisions économiques dans la réalité. Très dynamique, la nouvelle discipline a obtenu sa consécration en 2002 avec l'obtention par l'un de ses fondateurs - Daniel Kahneman -, du prix Nobel d'économie. L'économie comportementale et sa petite soeur née il y a une quinzaine d'années - la finance comportementale - n'en finissent plus de mettre à jour les différences entre les comportements économiques et financiers des individus et ce qu'ils devraient faire s'ils étaient pleinement rationnels.

Précisément, l'histoire débute à la fin des années 1960, alors que Daniel Kahneman et Amos Tversky, psychologues à l'université Hébraïque de Jérusalem, réfléchissaient, à la demande d'instructeurs de l'armée de l'air Israélienne, sur la meilleure façon de motiver les jeunes pilotes à l'entraînement. A l'époque, les instructeurs éructaient contre la sagesse populaire qui prétend que l'encouragement donne de meilleurs résultats que la punition. Ils avaient en effet remarqué que les pilotes qui se faisaient réprimander après un mauvais vol s'amélioraient la fois suivante, alors que les élèves qui recevaient des félicitations après un vol réussi tendaient à être moins performants le vol d'après. Pour eux, le lien était évident et la conclusion avec. En fait, ils ignoraient (ou oubliaient d'appliquer) le concept statistique élémentaire de régression vers la moyenne. Quand quelqu'un réalise une performance très en dessous de son niveau, la probabilité qu'il s'améliore au prochain coup est très importante. Et inversement celui qui a réussi exceptionnellement bien a de grandes chances de moins bien réussir la fois suivante. Cela ne veut pas dire que la conclusion des instructeurs soit nécessairement fausse ; il faudrait faire des tests pour s'en assurer. Ce qui est sûr c'est que le raisonnement qui les a conduit à cette conclusion est fallacieux : les faits observés peuvent très bien s'expliquer sans faire intervenir les méthodes de motivation. C'est à partir de ce moment que les deux chercheurs n'ont plus cessé de s'intéresser aux "heuristiques" de jugement, c'est-à-dire aux règles non écrites qui permettent aux individus de se faire un avis rapidement et de prendre une décision. Ils l'ont fait en Israël puis aux Etats-Unis où leurs recherches ont enfin trouvé l'écho qu'elles méritent, Kahneman enseignant à Princeton et Tversky à Stanford, jusqu'à sa mort en 1996.

Depuis ses débuts, la recherche en économie comportementale fonctionne largement à partir d'expériences menées en laboratoire, le plus souvent sur des étudiants. Cette méthode permet à l'expérimentateur de choisir l'environnement dans lequel sont prises les décisions des sujets et de contrôler tous les paramètres pouvant entrer en jeu et fausser les conclusions. D'autres travaux sont au contraire effectués sur données réelles (comme des relevés de compte) concernant des centaines voire des milliers d'individus. Cette pratique a le mérite de faire analyser des décisions réelles in situ provenant d'échantillons beaucoup plus larges que dans les expériences. En revanche, elle ne permet pas de contrôler l'environnement, de sorte que leurs conclusions peuvent être plus facilement biaisées. Enfin un dernier type d'études utilise une méthodologie intermédiaire en recourant à des questionnaires confectionnés sur mesure pour analyser les liens entre les décisions prises par les individus et leurs caractéristiques personnelles. Le nombre de répondants y est supérieur au nombre de sujets dans les expériences mais la crédibilité des données (les réponses autoreportées) est moindre que celle des données réelles, par exemple si les répondants se trompent ou sont de mauvaise foi.

Quoi qu'il en soit, le volume impressionnant des travaux sur les comportements d'épargne permet d'ébaucher un portrait de l'épargnant et de ses travers les plus systématiques. Dans ce livre sont présentées 50 expériences (et un peu plus) sur différents déterminants des décisions d'épargne. Les questions les plus importantes sont traitées : la part du revenu allouée à l'épargne, la préparation de la retraite, le choix entre les différents placements, la sélection des SICAV, l'attrait pour l'immobilier, la réticence à investir dans les actions... Des effets plus anecdotiques sont également mentionnés comme le blues du lundi qui reprend le caractère grognon et frileux de l'investisseur qui entame sa semaine. Ces cinquante et quelques expériences permettent au final de mieux comprendre les ressorts cachés de nos décisions financières. Elles fournissent autant d'indications pour épargner mieux en se connaissant davantage.


Sommaire

1.Avant-propos1
Chapitre 1 - Le goût pour l'anecdotique 5
Comment nous sélectionnons les informations sur des critères fallacieux
1.Pourquoi pensez-vous qu'il faut investir en Bourse alors que les cours ont flambé ?
Le biais momentum7
2.Pourquoi achetez-vous des actions quand le marché a monté et des obligations quand il a baissé ?
La gestion momentum9
3.Pourquoi êtes-vous sûr que tout le monde pense comme vous que la Bourse va monter ?
Le faux consensus12
4.Pourquoi le succès de Google vous donne-t-il envie d'investir dans la high-tech ?
L'heuristique de disponibilité14
5.Pourquoi votre portefeuille boursier n'a-t-il gagné que 5% cette année alors que vous êtes persuadé qu'il a gagné deux fois plus ?
Le biais de confirmation17
6.Pourquoi est-ce que partir en province fait louer un appartement trop cher ?
Les points de référence20
Chapitre 2 - Nul en maths ! 25
Comment des erreurs mathématiques triviales s'insérent dans nos décisions financières
7.Pourquoi jouez-vous noir à la roulette quand rouge est sorti quatre fois de suite ?
L'erreur du joueur27
8.Pourquoi faites-vous confiance à la SICAV qui a réalisé les meilleures performances l'an dernier ?
La croyance dans la "main chaude"30
9.Pourquoi les jeunes épargnants font-ils de vieux riches ?
La sous-estimation des intérêts composés34
10.Pourquoi l'inflation pousse-t-elle à vendre sa maison et à devenir locataire ?
L'illusion monétaire39
Chapitre 3 - Tous les oeufs dans un panier percé 43
Comment notre vision du risque nous amène à mal diversifier nos placements
11.Pourquoi refusez-vous de mettre des actions étrangères dans votre portefeuille ?
L'oubli des corrélations45
12.Pourquoi les jeunes achètent-ils des actions Levi's et les moins jeunes des actions Hermès ?
Le biais de familiarité47
13.Pourquoi possédez-vous 90% de votre portefeuille en actions françaises ?
Le biais national50
14.Pourquoi avez-vous acheté des actions de l'entreprise phare de votre région ?
Le biais local52
15.Pourquoi possédez-vous des actions de la société qui vous emploie ?
Le biais de l'employeur54
16.Pourquoi le secteur de la collecte des déchets industriels n'attire-t-il pas les investisseurs ?
Le raisonnement affectif56
Chapitre 4 - Moi, c'est différent ! 61
Comment l'optimisme et l'excès de confiance poussent à prendre des risques exagérés
17.Pourquoi regardez-vous davantage le potentiel de hausse que le potentiel de baisse d'un placement ?
Le biais d'optimisme63
18.Pourquoi pensez-vous savoir exactement quand le krach boursier aura lieu ?
L'excès de confiance66
19.Pourquoi avec le recul trouvez-vous toujours que les gérants de SICAV sont nuls ?
Le biais rétrospectif70
20.Pourquoi passez-vous plus d'ordres quand les marchés sont haussiers ?
Le biais d'autoattribution73
21.Pourquoi prenez-vous plus de risque après avoir engrangé des gains inattendus ?
L'effet de "l'argent de la maison"76
22.Pourquoi passez-vous autant d'ordres en Bourse chaque année ?
L'excès de trading79
23.Pourquoi gagnez-vous moins en Bourse depuis que vous passez vos ordres par Internet ?
L'illusion du contrôle sur Internet81
Chapitre 5 - Une obsession : ne jamais regretter 85
Comment l'aversion aux pertes et au regret inhibe nos comportements
24.Pourquoi essayez-vous de vendre votre maison à un prix irréaliste quand l'immobilier baisse ?
L'aversion aux pertes87
25.Pourquoi gardez-vous plus longtemps vos titres en pertes que vos titres en gains ?
L'effet de disposition90
26.Pourquoi vendez-vous tous vos titres en pertes le même jour ?
Le cadrage hédonique93
27.Pourquoi réinvestissez-vous dans vos titres perdants ?
L'effet de la dépense engagée96
28.Pourquoi ne rachetez-vous jamais les titres sur lesquels vous avez perdu de l'argent ?
L'effet "morsure de serpent"98
29.Pourquoi n'aimez-vous pas vendre des actions qui viennent de baisser ?
L'aversion au regret100
30.Pourquoi ne changez-vous rien au portefeuille que vous a légué votre grand-mère ?
Le biais de statu quo104
31.Pourquoi gardez-vous en portefeuille des actions que vous n'achéteriez pas ?
L'effet de dotation106
Chapitre 6 - Quand Mars et Vénus décident d'épargner 25
Comment hommes et femmes sont inégaux devant le risque et la confiance dans leurs décisions financières
32.Pourquoi Mars investit-il davantage que Vénus ?
Les différences h/f et l'attitude face au risque111
33.Pourquoi Mars préfère-t-il les actions et Vénus les obligations ?
Les différences h/f et le choix des placements113
34.Pourquoi Mars change-t-il plus souvent son portefeuille que Vénus ?
Les différences h/f et la confiance115
35.Pourquoi avec le temps Vénus se rapproche-t-elle de Mars ?
Les différences h/f et l'expérience des marchés financiers117
Chapitre 7 - Investir au soleil 121
Comment le climat et le calendrier influencent nos humeurs d'investisseur
36.Pourquoi les marchés montent-ils quand il fait beau ?
L'effet soleil123
37.Pourquoi faut-il regarder en l'air avant d'acheter des actions ?
L'effet Lune126
38.Pourquoi les marchés baissent-ils le lundi ?
Le blues du lundi128
39.Pourquoi achetez-vous (aussi) des actions juste avant Noël ?
L'effet congès131
Chapitre 8 - Inné ou acquis ? 133
Comment nos comportements financiers dépendent de caractéristiques personnelles et de l'éducation reçue
40.Pourquoi ceux qui font leurs courses de Noël au dernier moment sont-ils moins riches que les autres ?
Les préférences individuelles et les comportements d'épargne135
41.Pourquoi serait-il bon que vos enfants soient formés à la gestion de leur tirelire ?
L'éducation financière à l'école140
42.Pourquoi gagneriez-vous à suivre une formation financière dans votre entreprise ?
L'éducation financière des adultes142
Chapitre 9 - Pas plus bête que le voisin 145
Comment les relations sociales déterminent nos décisions financières
43.Pourquoi aller à l'Eglise incite-t-il à acheter des actions ?
Les interactions sociales147
44.Pourquoi votre collègue devient-il votre premier conseiller financier lorsqu'il s'agit d'épargner pour la retraite ?
Les normes sociales150
45.Pourquoi les clubs d'investissement privilégient-ils les placements consensuels ?
La pensée de groupe153
46.Pourquoi les clubs d'investissement prennent-ils plus de risques que les investisseurs individuels ?
La polarisation vers le risque156
Chapitre 10 - L'emballage compte aussi 159
Comment la présentation des produits financiers modifie nos choix
47.Pourquoi la répartition de votre portefeuille dépend-t-elle de l'offre de fonds qu'on vous fait ?
La diversification naïve161
48.Pourquoi ne choisissez-vous jamis les SICAV les plus sûres ni les plus risquées ?
L'aversion aux extrêmes164
49.Pourquoi votre conseiller financier ne vous propose-t-il qu'une partie de sa gamme de placements ?
La difficulté à choisir166
50.Pourquoi l'enrolement automatique fait-il davantage participer les salariés aux plans d'épargne-retraite ?
Le biais d'omission169
51.Pourquoi faut-il demander un prix exhorbitant quand on vend sa maison ?
L'ancrage173
52.Pourquoi regarder les performances de vos placements tous les jours vous incite-t-il à acheter des obligations ?
L'aversion aux pertes myopique176
Chapitre Bonus - L'immobilier : plus qu'un placement 25
Comment l'achat d'immobilier impacte la vie au-delà des performances financières
53.Les propriétaires changent-ils moins souvent d'habitation que les locataires ?
La propriété et la mobilité181
54.Les propriétaires sont-ils plus actifs que les locataires ?
La propriété et l'emploi184
55.Les propriétaires vivent-ils plus heureux que les locataires ?
La propriété et le bien-être psychologique186
56.Les propriétaires sont-ils en meilleure forme que les locataires ?
La propriété et la santé physique190
57.Les propriétaires ont-ils des enfants qui réussissent mieux que les locataires ?
La propriété et le comportement des enfants193
Index des auteurs 197
Index des notions 201

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