Image d'un nain joyeux et décalé poussant une brouette pleine d'or

Méta-Méthode d'investissement

Sommaire

  • Introduction
  • Jouez au golf
  • Réflechissez à vos objectifs et motivations
    • Enjeux et risques
      • Pourquoi voulez-vous investir en bourse, quel est votre objectif ?
      • Quel est votre horizon d'investissement ?
      • Quel niveau de risque acceptez-vous ?
      • Combien de temps pouvez-vous consacrer au suivi de vos investissements ?
    • Fixez vous un objectif raisonnable
    • Ne trichez pas
      • Calculez votre performance sur la base de la valeur liquidative
      • Comptez les impôts, les frais divers
      • Comparez votre performance à celle de l'indice NET
      • Exemples pour vous en convaincre
  • Bossez, bossez, bossez et bossez encore...
    • Apprenez les règles
    • Constituez-vous une culture financière
    • Remettez-vous en question en permanence
  • Adoptez une démarche scientifique
    • Batissez-vous une typologie de systèmes de trading
    • Ecrivez !
      • Prenez le temps de réfléchir
      • Ecrivez la raison qui vous pousse à agir
      • Fixez un objectif. Si vous ne le faites pas, vous serez toujours insatisfait
      • Pensez au pire
      • Maintenez cette fiche à jour
      • Engagez-vous, et sachez vous désengager
  • Préservez votre capital

Introduction

Le mot 'méthode', d'origine grecque, signifie chemin: celui tracé à l'avance, qui conduit à un résultat.
Une méthode répond d'abord à une question pratique: comment faire, quoi entreprendre, afin d'atteindre un but donné. Le domaine du savoir n'est pas exclusif du faire; nous avons besoin de sortir de nous-même pour nous assurer de la justesse de nos idées et recueillir de l'information. Cette composante d'action, que comporte la connaissance, c'est ce que nous appelons expérience. L'expérience n'est jamais entièrement passive. Systématiquement provoquée, elle s'appelle expérimentation.
" Encyclopédie Universalis.

"Ce qui apprend à apprendre, c'est cela la méthode. [...] A l'origine, le mot méthode signifiait cheminement. " Edgar Morin, La méthode.

"Pour moi, la leçon la plus importante que j'ai retenue de ces interviews est que chacun doit choisir une approche de trading qui corresponde à sa personnalité." Jack D. Schwager, Les secrets des grands traders.

Hé oui, désolé, cette page ne vous donnera pas le tuyau miracle vous permettant de tripler votre mise en moins de temps qu'il n'en faut pour le lire. Elle constitue juste une timide tentative de cartographie des conseils qu'on pourait donner à un spéculateur en herbe pour lui permettre de se forger une méthode de travail, sans laquelle il lui serait beaucoup plus difficile de définir l'approche de trading lui correspondant.

Attention, il ne s'agit donc pas ici de définir un système de trading ou d'investissement tels que ceux de Stan Weinstein, de Martin Zweig, de Peter Lynch ou de Warren Buffet par exemple (voir la bibliographie), mais plutôt de définir une méthode de travail, c'est à dire un cadre permettant d'accéder à la connaissance, puis à l'expérience. En fait, comme il s'agit d'une méthode permettant de définir sa propre méthode d'investissement, on pourrait la qualifier de méta-méthode.

Jouez au golf

Par de nombreux côtés, la gestion d'un portefeuille rappelle le jeu de golf. Le score d'une partie de golf est constitué du nombre total de coups nécessaires pour parcourir les 18 trous d'un parcours. Chaque trou doit être réalisé en un certain nombre de coups, appelé le par. La somme des pars de tous les trous constitue le par total du parcours, lequel est en général de 72. A la fin de la partie, pour obtenir votre score, il suffit de retrancher le par au nombre de coups réellement réalisés. Si vous avez par exemple effectué 89 coups, vous avez joué 89-72=17. Ce qui est un bon score. Pour être classé, il faut réaliser au maximum 36, soit 36 coups de plus que le par, donc moins de 99. Les professionnels réalisent des scores de 0, voire négatifs.
Lors d'une partie de golf, tous les coups sont comptabilisés, par trou d'abord, puis pour la somme de tous les trous. Il est particulièrement intéressant de constater que n'importe quel amateur est parfaitement capable de réaliser le par (voire même moins que le par) sur un ou plusieurs trous du parcours, mais il est surprenant de constater qu'il est très rare pour un amateur de réaliser moins de la moitié de son handicap (score moyen de l'année) sur un parcours. Et il est encore plus surprenant de constater que plus le nombre de parcours réalisés augmente, plus la moyenne des scores tend à se rapprocher du handicap du joueur.

Pourquoi un joueur moyen est-il capable de rivaliser avec un professionnel sur un trou et totalement incapable de le faire sur un parcours complet ?
Les professionnels ont une petite idée de la chose. Il existe des compétitions appelées pro-am qui consistent à jouer en équipes, constituées chacune d'un couple amateur/professionnel. Les professionnels ont donc souvent l'occasion d'étudier le jeu des amateurs, et disent tous que sur un parcours, un amateur tente un certain nombre de coups qu'aucun professionnel n'oserait imaginer !!!
Mis à part une technique et un entrainement supérieurs, les différences principales entre un amateur et un professionnel résident dans le fait qu'un professionnel construit chaque trou à partir de la position du drapeau sur le green et qu'il pense chaque coup en fonction du couple risque/rendement attendu.
Dès le départ d'un trou, le professionnel analyse la configuration du trou en partant du drapeau, il décide de son premier coup en fonction des différents obstacles (bunkers, arbres, ruisseaux, etc.), des conditions générales (vent, pluie), de sa forme du jour et de son état psychologique. L'amateur en général prend son driver, vise le centre du fairway et frappe le plus fort possible. En gros, le professionnel établit au départ de chaque trou une stratégie lui permettant de réaliser le moins de coups possibles, tout en lui évitant de se retrouver dans une situation délicate. Toutefois, même si c'est beaucoup moins fréquent, il lui arrive tout comme à l'amateur d'avoir à gérer une telle situation. Dans ce cas, le professionnel essaie de ne pas aggraver la situation, donc choisit en général un coup peu risqué. L'amateur essaie plutôt dans ce cas de se rattraper par un coup que ne tenterait aucun professionnel. Cerise sur le gateau, l'amateur en général méconnaît les règles et ne profite pas toujours de certains droits. De plus, il a bien sûr oublié de s'entraîner aux coups de 'recovery', et n'a donc pas acquis les techniques permettant de se tirer plus facilement d'un mauvais pas.

Au bout du compte, l'amateur termine avec une carte de score constituée d'une majorité de trous joués moyennement, de quelques bons trous et de quelques catastrophes, lesquelles plombent réllement son score.

En résumé, les défauts principaux de l'amateur sont les suivants :

- manque de méthode : pas de stratégie globale pour aborder le parcours ;
- pas de stratégie intermédiaire, chaque coup est abordé indépendament des autres ;
- prise de risque inconsidérée ;
- aucun feed-back : pas de réflexion sur sa manière de faire ;
- méconnaissance des règles ;
- manque d'entraînement aux coups de 'recovery' ;
- manque de maîtrise de soi.

Comme on pourra le voir plus loin, l'analogie entre le joueur de golf amateur et l'investisseur particulier est presque parfaite !

Un dernier mot : il y'avait 276 337 licenciés de golf en france fin 1999 et seulement 1346 en catégorie 1 (index inférieur à 4,4). Seuls ces 0,49% de joueurs sont capables de jouer le par. Si l'on assimile le par à l'indice, je vous laisse tirer les conclusions qui s'imposent...

Réflechissez à vos objectifs et motivations

"Le mot 'méthode', d'origine grecque, signifie chemin: celui tracé à l'avance, qui conduit à un résultat.
Une méthode répond d'abord à une question pratique: comment faire, quoi entreprendre, afin d'atteindre un but donné
"

Toute méthode suppose donc un objectif, un but. Sans cela, le chemin risque d'être particulièrement erratique et pavé de désillusions. Il convient donc dans un premier temps de vous interroger sur vos objectifs et vos motivations. Vous devez considérer votre investissement comme un projet et chacune de vos prises de position comme un sous-projet.

Il s'agit donc dans un premier temps de définir le projet dans son ensemble, avec ses enjeux et ses risques.

Enjeux et risques

Pourquoi voulez-vous investir en bourse, quel est votre objectif ?
Posez-vous cette question simple. Si la réponse est du type 'Pour le fun' ou 'Pour le frisson', vous pouvez vous affranchir de lire la suite de cette page.
Selon que votre objectif est de vous constituer un capital pour votre retraite, de tirer un complèment de revenus régulier de vos placements, de comprendre les mécanismes économiques et le fonctionnement des marchés ou de devenir rentier le plus rapidement possible, la stratégie de trading à mettre en oeuvre ne sera pas la même. Attention, ceci ne remet pour autant pas en cause la méta-méthode, laquelle est indépendante de l'objectif d'investissement, l'objectif de la méta-méthode étant de parvenir à définir votre méthode de trading.

Quel est votre horizon d'investissement ?
Cette question est cruciale, car combinée avec votre objectif, elle peut vous conduire à constater qu'il vous suffit de placer vos sous dans des actifs sans risques tels que des obligations pour atteindre vos objectifs, comme elle peut vous permettre de prendre conscience du fait que vous n'avez aucune chance d'atteindre vos objectifs, donc qu'il vous faut les revoir à la baisse ou modifier votre horizon d'investissement ou... jouer au loto.

Quel niveau de risque acceptez-vous ?
Attention, l'appréciation du niveau de risque acceptable dépend fortement du contexte et de l'expérience récente. On constate que le niveau de risque acceptable par les investisseurs est beaucoup plus élevé en phase de hausse qu'en période baissière. Par ailleurs, la perception du concept de risque est étroitement lié à l'expérience. Moins on a d'expérience, moins on perçoit le risque.
Avant de définir un objectif chiffré, il est important de réfléchir en terme d'enjeu. Le couple enjeu/risque est primordial. Si l'enjeu est un complément de retraite de 2% et que l'objectif n'est pas atteint, ce ne sera probablement pas très grave. Par contre, si l'enjeu est un complèment de retraite d'au moins 50% et que l'objectif n'est pas atteint, cela peut-être beaucoup plus génant. Vous devez donc absolument vous interroger sur le risque en vous plaçant dans l'hypothèse où le risque maximal se produit. Il est relativement aisé d'envisager sur un plan théorique un risque de perte totale du capital investit, mais c'est une autre affaire que de le vivre !
Pensez-y. Il existe des méthodes de calculs et de gestion du risque. Celles-ci dépassent largement le cadre de cette page, mais vous ne devez pas ignorer que la gestion du risque et sa quantification sont la pierre centrale de toute gestion de portefeuille (pour des informations plus détaillées sur le risque, vous pouvez consulter la page qui y est consacrée).

Combien de temps pouvez-vous consacrer au suivi de vos investissements ?
La réponse à cette question induit le type de véhicule d'investissement que vous pouvez utiliser. Si vous n'acceptez de consacrer qu'une journée par an au suivi de votre portefeuille, il est peut-être plus sage de se tourner vers un produit financier indexé sur le CAC40 ou envisager un mandat de gestion.
Au-delà de la question du temps, il est aussi intéressant de s'interroger sur les efforts que vous êtes prêt à faire ou non en terme de travail, ainsi que sur le type de travail qui vous intéresse : analyse fondamentale, analyse technique, etc.

Fixez vous un objectif raisonnable

Une fois les réponses aux questions précédentes obtenues, fixez-vous un objectif, et revenez éventuellement aux questions si l'objectif n'est pas raisonnable.

Sur les dix dernières années, le CAC40 a progressé d'environ 12% par an en moyenne. Les plus grands traders ou gestionnaires de fonds réalisent difficilement à peine deux fois le rendement du marché, et encore, ceux-là se comptent sur les doigts d'une seule main, la majorité des autres professionnels obtiennent des résultats inférieurs à l'indice. Espérer réaliser une performance identique à celle des meilleurs est totalement illusoire pour un débutant, au moins sans accepter une probabilité de ruine proche de 1 et d'autant plus que l'horizon d'investissement est lointain (un coup de chance est toujours possible à court terme, mais le temps saura vous faire rendre gorge).
A titre de repère, je vous invite à méditer le résultats de toutes les recherches effectuées depuis plus de quarante ans sur les résultats des fonds ou sicavs :
"Les études les plus anciennes et les plus connues sont celles de Sharpe (1966), Jensen (1968) et McDonald (1974). Elles portent sur les fonds mutuels américains et leurs résultats peuvent se résumer en trois constatations :
- en moyenne, les fonds mutuels ont réalisé une performance inférieure à celle d'un portefeuille de marché [c'est à dire un indice large de référence] de risque similaire ;
- même si les frais de gestion prélevés par le fonds avaient été nuls, ceux-ci n'auraient pas obtenu en moyenne une performance supérieure à celle d'un portefeuille de marché de risque similaire ;
- les performances des fonds d'investissement apparaissent peu cohérentes d'une année sur l'autre. En d'autres termes, la rentabilité ajustée pour le risque obtenue par un fonds sur une certaine période n'est pas un bon indicateur de ce que sera celle-ci au cours des périodes suivantes.
" 'Marchés Financiers - Gestion de portefeuilles et des risques'.
...et de nombreuses études ultérieures ont confirmées les résultats de ces trois là : "Les études empiriques sur la mesure de performance suggèrent que les investisseurs feraient mieux d'adopter un style de gestion naïve plutôt qu'une gestion dynamique et active consistant à sélectionner certaines valeurs plutôt que d'autres, et à changer la composition du portefeuille en termes d'actifs ou de marchés selon les prévisions de marché." 'Marchés Financiers - Gestion de portefeuilles et des risques'.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les cracks existent, en 1929, le Dow Jones a perdu 80% en deux ans. Plus récemment, le Nouveau Marché a perdu presque 50% en un mois et demi. Pensez donc aussi le cas échéant à votre sortie (par exemple si votre projet comprend une date de disponibilité des fonds impérative).

En d'autres termes, vous pouvez tout de suite ranger votre feuille Excel magique composée d'une belle pyramide de calcul d'intérêts composés sur 30 ans basée sur un rendement de 50% par an, sauf à vous exposer à de graves désillusions ou à vous conduire à prendre un risque démesuré et non perçu.

Pensez à exprimer votre objectif par rapport au marché et non pas dans l'absolu. Un rendement de 10% annuel n'est pas particulièrement brillant lorsque le marché en fait 50, mais devient exceptionnel lorsque le marché en fait 2.

Interrogez-vous sur les risques que vous êtes près à supporter et comparez des couples (performance,risque) plutôt que des performances pures.

Sachez aussi que la progression ne sera probablement pas linéaire. Ne paniquez pas à la moindre baisse.

Ne trichez pas

Calculez votre performance sur la base de la valeur liquidative
Une erreur fréquente consiste à confondre performance et plus ou moins values réalisées. La performance d'un portefeuille doit être calculée sur la base de sa valeur liquidative, tous frais déduits. Ne cédez pas à la tentation de distinguer virtuellement différents types d'investissements au sein de votre portefeuille, tentation souvent destinée à masquer quelques cadavres. L'application de l'adage selon lequel un investissement de long terme est un investissement de court terme ayant mal tourné vous conduira tout droit à un rendement médiocre, voire même franchement désastreux.

Comptez les impôts, les frais divers
N'oubliez pas non plus les impôts et les frais divers. Une performance brute n'a pas de sens, seule la performance nette importe. Si vous battez le marché en performance brute, mais vous faites battre en net, il est alors probablement plus intéressant de chercher à diminuer les frais, même si votre égo doit en souffrir du fait d'une baisse de la performance brute. Faites la somme des impôts payés, des frais de garde, des frais de transaction, des achats de livres, revues, abonnements à des lettres confidentielles, logiciels, des taxes téléphoniques, déduisez-les de vos gains et comparez le résultat obtenu avec celui procuré par une SICAV indexée sur un indice et placée sur un PEA. L'exercice est souvent instructif.

Comparez votre performance à celle d'un indice...
Comparer ses performances à celle d'un indice de référence permet de vérifier si votre gestion (probablement active) est meilleure qu'une gestion passive consistant à détenir l'indice ou un groupe d'indices. Cet exercice est souvent instructif dans la mesure où il n'est pas évident du tout de battre l'indice de référence, et encore plus sans prendre davantage de risques!

...ou d'un groupe d'indices
Comparer votre performance à celle du CAC, c'est bien, mais si votre portefeuille est investi à moitié dans des valeurs du Nouveau Marché par exemple, la comparaison n'est pas valable. D'une part les performances de ces deux segments de marché sont différentes et d'autre part, le risque lié au nouveau marché est beaucoup plus important que celui lié au CAC.
Vous devez donc comparer la performance de votre portefeuille à celle d'un groupe d'indice de référence constitué de manière à être représentatif de votre portefeuille. Si par exemple vos avoirs sont répartis pour moitié sur le Nouveau Marché et pour moitié sur des titres du CAC40, vous devrez comparer la performance de votre portefeuille à un mélange de CAC40 et d'indice du Nouveau Marché.

N'oubliez pas les risques : comparez ce qui est comparable !
Pour ne pas se leurrer soi-même et surtout ne pas tomber un jour sur une grosse mauvaise surprise, mieux vaut éviter les méthodes de comparaison de performances trop naïves et en utiliser une basée sur un couple rendement/risque.
Voici un outil de comparaison des performances :

Termométre des rendements

D'après ce graphique, le NASDAQ avec plus de 30% de rendements annuels depuis presque dix ans constitue clairement le meilleur des investissements.
Mais si l'on regarde maintenant les écart-types des rendements, soit les risques, obtenus par ces mêmes indices pendant la même durée, on obtient une vision quelque peu différente :

Thermométre des risques

En effet, sur le plan des risques, c'est plutôt le Dow Jones (DJIA) qui semble le mieux placé ou du moins le moins risqué sur la même période.
Et si l'on assemble les deux côtés, on obtient quelque chose d'assez troublant et pour le moins illisible :

Thermométres adossés rendements à gauche & risques à droite

Dès lors, comment concilier ces deux visions ?
Le plus simple consiste à les représenter selon deux axes différents :

Espace rendement/risque : risque en absisse et rendement en ordonnée

Ce type de graphique nous en apprend déjà davantage : sur les dix dernières années, si le Nasdaq a été le plus rémunérateur de nos cinq indices, il a aussi été le plus risqué. Quant aux CAC40 et Dow Jones (DJIA), leur comparaison est elle-aussi très instructive puisqu'on constate qu'ils ont offerts pratiquement le même rendement, mais assorti d'un risque beaucoup plus important pour le CAC que pour le DJIA.
L'important ici est de prendre conscience du risque et de comprendre qu'au-delà de la performance, il existe une autre dimension toute aussi importante : le risque. Tout investissement, tout portefeuille doit-être mesuré selon ces deux axes. Il est donc primordial de savoir à quel niveau de risque on s'expose ou on s'est exposé. Non pas obligatoirement pour opter pour l'avoir le moins risqué, mais pour être conscient de ce que l'on fait et de ce que l'on risque (sic!) ! Si une prime est souvent offerte au risque (cf Nasdaq ici), ce n'est pas systèmatiquement le cas, il suffit de regarder le Nikkei pour s'en convaincre...
Vous pouvez calculer simplement le risque lié à votre portefeuille en calculant l'écart type de ses rendements. Ceci vous permettra d'ajouter de la perspective à la performance et de calculer ensuite un indice de performance tenant compte du risque.
La méthode la plus simple à utiliser consiste à calculer le ratio de Sharpe (voir page consacrée au risque, à la volatilité, au ratio de Sharpe, etc.) de votre portefeuille. Cette méthode présente de plus l'avantage de vous permettre de comparer des actifs relevant de classes de risques différentes.

Et comparez votre performance à celle de l'indice BRUT (dividendes inclus)
Les indices publiés tous les jours dans la presse sont nus, leurs valeurs reflêtent les valeurs des titres qui les composent, éventuellement pondérées par leurs capitalisation boursières respectives comme pour le CAC40 ou le SFB250 par exemple. Les indices ne prennent toutefois pas en compte les dividendes versés par les sociétés qui les composent. Or, chaque année les sociétés, au moins celles qui font des bénéfices, versent des dividendes à leurs actionnaires. Il existe donc une version nue et brute des indices (consultables par exemple sur le site de Paris Bourse SA) intégrant les dividendes versés (nets et bruts, c'est à dire avoir fiscal compris). A titre d'exemple, sachez qu'au 30.06.2000, le CAC40 brut est à 9250,71, à comparer à sa valeur nue de 6446,54. En d'autres termes, entre le 31.12.1987 et le 30.06.2000, le CAC40 a progressé de 825% et non pas de 544% comme le laisserait supposer une analyse superficielle des choses.
En imaginant que vous ayez décidé d'investir en vous basant sur le CAC ou tout autre indice, vous pouvez le faire de plusieurs manières différentes. En utilisant des sicavs indicielles par exemple, ou via des contrats d'options sur indice, ou en répliquant celui-ci vous-même. Or, si vous pouvez opter pour la simplicité en utilisant un véhicule tel que sicav indicielle, il est intéressant de savoir qu'une réplication manuelle d'indice est souvent beaucoup plus profitable car vous percevez tous les dividendes, avec des frais souvent inférieurs !

Exemples pour vous convaincre de tout ça
A titre d'exemple et pour alimenter votre réflexion sur ces différents sujets, pour un placement de 10 000 euros sur dix ans, voici le rendement obtenu et les impôts payés en fonction du type d'investissement sur 20 ans.
Si vous effectuez deux rotations complètes de votre portefeuille par an, ce qui représente seulement une douzaine d'achats/vente dans l'année pour des lignes de 1500 euros, vous dépasserez le seuil de cessions (fixé actuellement à 50 000 francs par an) et paierez tous les ans 26% d'impôt et taxes. Sur la base d'un rendement moyen de 12% par an, ramené à 10 pour prendre en compte les frais de transactions, au bout de vingt ans, vous serez à la tête d'un capital de 41 695 euros. Vous aurez payé 11 136 euros d'impôt.
Sur la même base de calcul, mais sans effectuer aucune opération, vous ne serez imposable que lors de la vingtième année. Vous paierez alors 20 498 euros d'impôt, mais il vous restera 75 965 euros.
Bien sûr, ce calcul n'est pas valable dans le cadre d'un PEA, ce qui prouve l'intérêt du PEA. Toutefois, si vous travaillez sur un compte-titre normal, gardez en tête le poids des impôts et taxes. Celui-ci n'est pas négligeable, surtout dans la durée, car chaque année sans impôt implique un rendement supplémentaire l'année suivante.

Vous trouverez ci-dessous à titre de second exemple et pour vous permettre de comparer vos performances à celles du CAC40, un tableau comparatif des rendements du CAC en nu et en brut pour les 13 dernières années. A titre d'exercice, je vous propose d'imprimer ce tableau et de remplir la dernière ligne avec les performances de votre portefeuille :

  1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
CAC40 nu +57,39% +27,14% -24,14% +16,32% +5,22% +22,09% -17,06% -0,49% +23,71% +29,50% +31,47% +51,12%  
CAC40 brut +62,35% +30,86% -21,96% +20,40% +8,69% +26,08% -14,44% +2,83% +27,59% +32,95% +34,06% +54,14%  
Mes performances                          

Et pour bien mémoriser la différence induite par la prise en compte des dividendes, je vous invite à contempler le graphique ci-dessous.

Rendement du CAC40 nu et avec dividendes entre 1988 et 1999


Bossez, bossez, bossez et bossez encore...

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage. Il n'y a pas de secret, seul le travail paie ! Un des rares points communs entre les traders se situe là : tous ont travaillé et travaillent encore comme des fous.

1) Apprenez les règles
Envisageriez-vous de jouer à un jeu de société sans en connaître la règle ? Si oui, l'envisageriez-vous toujours si vous deviez jouer avec de vrais billets de banque, les votres, plutôt qu'avec la monnaie de singe habituellement utilisée pour ce genre de jeu ? Si votre réponse est encore oui, envisageriez-vous de faire une partie de poker, toujours sans connaître les règles, et avec des professionnels du jeu comme adversaires ? Si votre réponse est toujours oui, allez à Las Vegas ou continuez à jouer au Loto.
Apprenez les règles de fonctionnement des différents marchés, surtout bien évidemment de ceux sur lesquels vous intervenez. Pour cela, rien ne vaut la lecture des docs officielles telles que les règles de fonctionnement et d'organisation édités par les autorités (Paris Bourse SA, Nouveau Marché, MONEP par exemple). Ces docs sont téléchargeables sur leurs sites respectifs. Vous pouvez aussi vous rendre dans un point bourse et récupérer les différentes plaquettes et livrets gracieusement fournis (ils sont eux aussi téléchargeables sur le site de Paris Bourse SA).
Il est impératif de connaître la réglementation et les règles de fonctionnement des marchés. Rien n'est plus déstabilisant que de se trouver en face d'une réservation de cotation sans savoir combien de temps elle doit durer par exemple. On ne compte plus les nains de la bourse incapables de faire la différence entre les différents types d'ordres !

2) Constituez-vous une culture financière
Lisez des bouquins sur la bourse et la finance. Participez aux débats sur les différentes mailings-lists et autres forums. Constituez-vous une culture boursière, financière et économique. Attention : il s'agit d'une culture ("Une définition plus large utilise le terme de culture aussi bien pour décrire les coutumes, les croyances, la langue, les idées, les goûts esthétiques et la connaissance technique que l'organisation de l'environnement total de l'homme, c'est à dire la culture matérielle, les outils, l'habitat et plus généralement tout l'ensemble technologique transmissible régulant les rapports et les comportements d'un groupe social avec l'environnement." Encyclopédie Universalis), donc d'un instrument permettant de comprendre le domaine et destiné à vous servir d'outil. Outil d'analyse et de réflexion sur l'état de l'art et sur vous-même. Et confrontez cette culture à d'autres. Il s'agit d'un travail de longue haleine, mais il n'existe que deux alternatives à cet effort : la médiocrité des rendements ou le mandat de gestion (ce qui n'est pas forcément une mauvaise idée).
Revoyez vos cours de probabilités et de statistiques, intéressez-vous à l'histoire de la finance, aussi bien sur le plan théorique que sur les faits. L'histoire des différents cracks par exemple est particulièrement instructive. Ne négligez pas non plus les aspects psychologiques.

3) Remettez-vous en question en permanence.
Interrogez-vous sur votre méthode, votre manière d'investir ou de trader et votre profil psychologique. Revenez sur vos réussites et surtout sur vos échecs et analysez-les systèmatiquement. L'histoire d'une position ne se termine pas au moment où vous la débouclez et elle est probablement riche d'enseignements. Pourquoi se priver de ceux-ci ?

Adoptez une démarche scientifique

Pour battre le marché, ou au moins obtenir de bons résultats, il faut trouver des techniques qui fonctionnent. Si vous investissez au hasard, sur la foi d'un conseil ou d'une impulsion, vous ne saurez jamais pourquoi un trade a fonctionné ou s'est avéré être un échec. L'échec était-il du à un facteur exogène à votre réflexion provenant probablement d'un paramètre non pris en compte, ou à une erreur dans votre raisonnement ? Tout au plus parviendrez-vous à constater que telle source de conseils est plus fiable que telle autre. Toute décision de prise de position sur le marché doit donc correspondre à une hypothèse, de la même manière que toute théorie scientifique. Au fil de vos interventions, vous vous constituerez ainsi une base de systèmes de trading, ou de modèles dont certaines s'avéreront faux, et d'autres seront considérés comme en attente de réfutation.

Batissez-vous une typologie de systèmes de trading

Contrairement à une théorie scientifique, un système de trading n'est pas réfuté par un seul contre-exemple. Tant qu'il garantit un rendement positif, il peut-être considéré comme valide. Lorsque vous débouclez une position, essayez de classer le trade achevé dans un type de système de trading. De cette manière, vous serez capable au fil des trades de mesurer la performance de chaque système.

A titre d'exemple, la typologie du particulier moyen doit ressembler à celle-ci :
'Conseils du journal machin'
'Conseils du journal truc'
'Conseils de la mailing-list bidule'
'Achats impulsifs pour cause d'impatience'
'OPA en vue'

Celle de Peter Lynch est :
'Valeurs à croissance lente'
'Valeurs sûres'
'Valeurs à croissance rapide'
'Valeurs cycliques'
'Jeux d'actifs'
'Sociétés en voie de redressement'

Une autre typologie pourrait être par exemple :
'Weinstein début phase 2'
'Triangle ascendant moyen terme avec résistance historique'
'Capitalisation boursière inférieure à la valeur de l'entreprise'

Enfin, l'analyse des réussites et des échecs à l'intérieur de chaque type de système vous permettra probablement d'affiner les critères de définition du système en question pour essayer de réduire le taux d'échec.

Ecrivez !

Lorsque vous initiez un trade, faites l'effort d'écrire. Ecrivez pourquoi vous allez acheter ou vendre à découvert tel titre, warrant ou option. Couchez noir sur blanc le raisonnement qui vous amène à agir. Fixez aussi par écrit un engagement d'objectif de vente (ou de rachat) ou le mode de suivi de vos stops et le seuil de votre stop de protection ou les raisons pour lesquelles vous n'en fixez pas.

1) Prenez le temps de réfléchir.
Lorsque vous ouvrez une position, elle représente un montant compris entre quelques milliers de francs et quelques dizaines de milliers de francs. C'est à dire un investissement comparable à celui d'un appareil ménager ou d'une petite voiture.
Comparez le temps que vous consacrez à la réflexion et la recherche d'informations avant d'acheter un appareil ménager, un appareil photo, une chaîne hifi, un ordinateur ou une voiture et le temps et les efforts que vous consacrez à une prise de position sur le marché. Dans la plupart des cas, les investisseurs particuliers consacrent quelques minutes hebdomadairement à la lecture de leur journal financier favori. Ce qui revient à dire qu'une décision d'investissement se prend en cinq minutes, voire trente secondes, suite à la lecture d'un article par exemple.
Pourtant, la même personne consacrera probablement une énergie beaucoup plus importante à la recherche d'informations et à la construction d'une argumentation détaillée pour l'achat d'un bien d'équipement quelconque.
Pourquoi ?
Il y'a probablement là un biais psychologique dû à la nature de l'investissement. Un bien d'équipement perd 10 à 20% de sa valeur dès que vous avez franchi les portes du magasin où vous l'avez acheté, alors qu'une position sur le marché est censée prendre de la valeur, sinon vous ne l'auriez pas achetée (ou vendue). CQFD !!!
Malheureusement, le fait d'avoir pris une position n'apporte aucune garantie sur le sens d'évolution de cette position. Le titre Air Liquide se moque bien du fait que vous en ayez acheté 100 ce matin. Il n'attendait pas votre prise de position pour démarrer la fabuleuse hausse du siêcle.
Essayez d'envisager vos prises de position comme vous envisagez vos achats de biens d'équipements.

2) Ecrivez la raison qui vous pousse à agir.
Si vous ne le faites pas, vous serez ensuite incapable de comprendre l'origine de vos erreurs. Pire, si vous avez eu raison sur un trade, que le titre s'est comporté comme vous le pensiez, mais que vous n'avez rien écrit et donc que vous n'avez pas vendu, vous oublierez que vous avez eu raison !

3) Fixez un objectif. Si vous ne le faites pas, vous serez toujours insatisfait.
En imaginant que vous ayez acheté un titre en pensant le vendre 10% plus haut dans les deux mois, s'il monte de 8% en trois jours, vous serez alors saisi par la cupidité et attendrez qu'il monte encore de 5 ou 10% de plus. Après tout, l'objectif est atteint dix fois plus vite que prévu, c'est donc que j'avais drôlement raison, je vais remonter un peu la limite de mon ordre de vente. Une fois cinq pourcents plus haut, vous le remonterez encore de quelques pourcents, jusqu'au moment où il retombera et où vous finirez par prendre un dixième seulement de ce que vous auriez pu, voire même par couper une perte ou par traîner un cadavre de plus pendant des mois ou des années. Si par contre vous vous décidez à vendre, et que le titre continue de monter, vous vous en voudrez alors de l'avoir vendu trop tôt. Dans les deux cas, vous serez insatisfaits et commencerez à douter de vous et de votre méthode.
Mais si vous avez couché votre objectif par écrit, et si le titre se comporte comme prévu, que vous le vendez au cours prévu, vous serez alors satisfait de vous. Vous aurez rempli votre contrat, et vous gagnerez en confiance en vous. Même si le titre continue de monter après que vous l'ayez vendu, vous ne regretterez rien car vous serez déjà sur autre chose.
Comme le risque lié à un titre est constitué d'une part de risque de marché et d'une part spécifique au titre en question, on peut aussi envisager de faire dépendre l'objectif pour partie du marché, c'est à dire de l'exprimer par rapport au marché et non pas en valeur absolue. Ceci devrait améliorer ou au moins simplifier la mesure de performance du choix des titres et avoir éventuellement un impact sur les niveaux de stops.

4) Pensez au pire.
Que ferez-vous si le titre choisi ne se comporte pas comme prévu ? Fixez un stop de protection ou écrivez 'J'accepte de voir une petite erreur d'appréciation se transformer en catastrophe au fil du temps. J'accepte d'immobiliser x% de mon capital pour une durée indéterminée.' Ecrivez aussi : 'Je ne me reconnais pas le droit à l'erreur.' et tant qu'à faire : 'Je refuse de reconnaître que je me suis trompé.'. Ou bien, décrivez la stratégie que vous adopterez : moyenne en baisse (combien de fois ? sur quels seuils ?), tentative d'abaissement du prix de revient avec allers/retours (sur quels seuils, avec quelles limites ?), etc.

5) Maintenez cette fiche à jour.
Soyez honnête avec vous-même. Si vous ne faites pas ce que vous aviez écrit, amendez votre note en expliquant pourquoi. Cela risque d'être très instructif le jour où vous débouclerez votre position.

6) Engagez-vous, et sachez vous désengager.
Ce chapitre s'intitule 'Ecrivez !'. Pourquoi 'écrire' ? Il faut écrire car la psychologie humaine est ainsi faite qu'il est très facile de s'auto-manipuler et de se coincer soi-même avec ce que les psychologues appellent un 'gel de décision' débouchant sur une 'escalade d'engagement'. Ecrire peut-être à la fois un bon moyen de s'engager à respecter ses décisions et aussi à appliquer le principe de la 'réversibilité décisionnelle' qui permet justement d'éviter les escalades d'engagement.
"Un autre piège dans lequel peut vous entraîner le gel d'une décision peut être dramatique pour votre entreprise. Ce nouveau piège a fait l'objet de toute l'attention des chercheurs en Sciences du management. On l'appelle depuis Staw (1976) l'escalade d'engagement. De célèbres recherches montrent, en effet (voir Staw, 1981); l'extrême difficulté qu'il y'a pour un manager à revenir sur une décision, sur une décision financière notamment. (...) L'escalade d'engagement est donc une nouvelle illustration de cette propriété de la décision que traduit la notion d'effet de gel si chère à Lewin. Encore une fois : les gens adhèrent plus au choix qu'ils ont fait qu'aux raisons ayant présidé à ce choix. Et ils y adhèrent donc au sens d'adhérence et non pas au sens d'adhésion. Qu'importe alors si le monde change au point de rendre ce choix déraisonnable, l'effet de gel les poussera néammoins à persévérer dans leur décision." Robert-Vincent Joule & Jean-Léon Beauvois - La soumission librement consentie.
"Si vous vous êtes laissé entraîner dans une escalade d'engagement (...) un seul principe dont le respect peut changer bien des choses : le principe de la réversibilité décisionnelle. Nous l'énnoncerons ainsi : ne jamais prendre - ou ne jamais laisser ses subordonnés prendre - une décision sans se doter en même temps des moyens d'en changer. Ce principe passablement abstrait se décline en quatres règles plus concrètes.
1/ Se donner à priori des critères clairs permettant de savoir si la décision que l'on est sur le point de prendre aura bien les effets escomptés. (...)
2/ Se donner, sur ces critères et toujours à priori, des objectifs quantitatifs et temporels. (...)
3/ Décider, encore à priori, de l'écart par rapport aux objectifs au-delà duquel on renoncera à la décision. (...)
4/ Le jour J, évaluer les effets de la décision et en tirer, sans plus attendre, les conséquences. (...)
Que les règles qui viennent d'être énumérées soient élémentaires ne veut pas dire qu'il ne faille pas se faire violence pour les appliquer au pied de la lettre. (...)
Attention : ne pas définir, à priori, critères, objectifs et écart, c'est prendre le risque de faire vous-même votre malheur en sacrifiant au pénible sentiment d'avoir trop investi pour abandonner (cf Teger,1979)
.
" Robert-Vincent Joule & Jean-Léon Beauvois - La soumission librement consentie.
Donc, en résumé, et au risque de lasser, avant de prendre la décision d'investir, il faut se doter des moyens de changer d'avis. Or, en matière d'investissement, un changement d'avis au sujet d'une décision prise revient à solder toute ou partie de la ligne constituée (vendre des titres achetés ou racheter des titres vendus par exemple). Les moyens du changement étant les critères et objectifs qualitatifs et temporels permettant une décision. Et ces moyens devant être décrit à priori, donc AVANT l'action, les points 1 et 2 cités par Joule & Beauvois reviennent à définir vos objectifs de vente (pour un achat), le point 3 revient à 'penser au pire'.
Enfin, une dernière chose, toujours liée à la psychologie de l'engagement, essayez de trouver quelqu'un à qui confier vos fiches. Un des meilleurs moyens pour éviter de ne pas faire ce que l'on a dit (et encore plus écrit) consiste à s'engager à le faire. Et un engagement à caractère public est plus fort qu'un engagement purement interne.

Prenez du recul, seul le tableau général compte

N'oubliez jamais que, tout comme au golf, le résultat final sera composé des résultats intermédiaires. A la différence près qu'ici, il est beaucoup plus simple d'évaluer les risques pris sur chaque coup et leur contribution au risque total de l' entreprise.
Toute prise de position doit être évaluée sous l'angle de son apport à l'édifice, c'est à dire au portefeuille. CECI EST PRIMORDIAL. Entre deux titres présentant les mêmes niveaux de risque et les mêmes espérances de rendement, il semble délicat de choisir, et l'investisseur débutant choisira probablement au hasard. Pourtant les contributions de chacun de ces titres au portefeuille peuvent-être à l'opposée l'une de l'autre. L'ajout de la première valeur au portefeuille peut augmenter son risque total, alors que l'ajout de la seconde le diminuerait ! Ceci n'a rien d'intuitif, il convient donc de comprendre pourquoi, de s'en convaincre et de se forcer à regarder quelle sera la contribution au portefeuille d'une prise de position.

Préservez votre capital !

La suite de ce document est en cours de rédaction. Elle s'étoffe petit à petit, vous pouvez donc la lire, mais elle n'est pas terminée.
Si tout ceci vous inspire des réflexions, merci de m'en faire part
.
Ou mieux encore, pour faire bénéficier tout le monde de vos réflexions, consignez-les dans un des forums mis à votre disposition.

Second point commun entre tous les traders : leur principal souci consiste à préserver leur capital. Il est illusoire de penser pouvoir gagner à tous les coups. Dès lors, la préservation du capital est primordiale.

Il s'agit ici de prendre conscience d'un certain nombre de points : la dissymétrie des pertes et des récupérations et la nécessité de couper ses pertes.

Dissymétrie des pertes et des récupérations

Ce concept est très simple à comprendre et très douloureux à vivre : si vous perdez 50% de votre capital, il vous faut faire 100% pour revenir à 0 !!!

Coupez vos pertes

"Vous pouvez engranger une fortune sur les marchés en n'ayant raison que la moitié du temps, tant que vous laissez courir les profits et 'coupez' vite vos pertes." Stan Weinstein - 'Secrets pour gagner en bourse'.
"Ne refusez jamais de prendre une perte parce que cela fait du mal à votre égo. (...) Avoir un taux de 100% de réussite à la Bourse est une pure vue de l'esprit. C'est impossible, les erreurs font partie du jeu. Acceptez vos erreurs, assumez-les, et tirez-en des enseignements." Martin Zweig - Acheter en bourse au bon moment.
"Il faut s'attendre à perdre à l'occasion, envisager autrement le risque serait absurde." Peter L. Bernstein - 'Plus forts que les dieux, la remarquable histoire du risque.'

Il est très intéressant de constater qu'ici encore, on retrouve l'escalade d'engagement de nos amis Joule & Beauvois (La soumission librement consentie). Car au-delà des maximes énnoncées par tous les praticiens, nos deux psychologues sociaux démontent le mécanisme :
"On voit maintenant se dessiner les contours d'un bon piège abscons :
1) L'individu a décidé de s'engager dans un processus de dépense (en argent, en temps ou en énergie) pour atteindre un but donné.
2) Que l'individu en soit conscient ou pas, l'atteinte du but n'est pas certaine.
3) La situation est telle que l'individu peut avoir l'impression que chaque dépense le rapproche davantage du but.
4) Le processus se poursuit sauf si l'individu décide activement de l'interrompre.
5) L'individu n'a pas fixé au départ de limite à ses investissements. Ainsi peut-il perdre 400 francs pour tenter d'en gagner 200. Ainsi peut-il passer plus de temps à attendre un bus qu'il ne lui en aurait fallu pour rentrer d'un pas tranquille chez lui.
". Joule & Beauvois 'Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens'.

Et oui, bien qu'il ne soit nullement question de lui dans cet ouvrage, on reconnaît bien là le spéculateur en herbe, la première proposition le caractérise assez bien. La seconde est encore plus vraie dans le domaine de la finance, elle correspond au risque, notion abordée plus haut dans ce document. La troisième fera probablement réfléchir les adeptes des moyennes en baisse. Au sujet de la quatrième, il est à noter que la bourse permet justement à travers les ordres stop (à seuil de déclenchement pour être plus exact) une prise de décision anticipée, et enfin, je vous laisse apprécier la cinquième à sa juste valeur...
Mais Joule et Beauvois ne s'arrêtent pas là, et livrent l'antidote :

"En somme, l'individu qui s'est placé dans un piège abscons en prenant une décision initiale ne peut en sortir qu'en prenant une nouvelle décision. Mais encore faut-il que l'opportunité lui en soit donnée. De ce point de vue, le dispositif 'le moins piègeant' est celui qui oblige le joueur à régulièrement analyser ce qu'il en est de ses pertes et de ses gains et à décider en conséquence de continuer ou d'arrêter.
Le second facteur qui concourt à donner au piège abscons toute son efficacité tient au fait que l'individu peut ne pas être amené à fixer à priori de limites à ses investissements, par exemple à décider une fois pour toutes quelle somme il souhaite engager dans un jeu, ou combien de temps il va attendre à un arrêt de bus, etc. (...) Aussi, la meilleure façon d'éviter de tomber dans un piège abscons consiste-t-elle à décider dès le départ de se donner un seuil à ne pas dépasser. Dans ce cas en effet, mais dans ce cas uniquement, ce seuil peut être fixé sur les bases d'une analyse rationnelle des risques encourus et des bénéfices potentiels sans que cette analyse ne soit biaisée par le sentiment d'avoir déjà trop investi pour ne pas continuer.
"

Ne jouez pas contre la tendance !

"J'ai une règle d'or : 'Ne jamais aller à l'encontre du marché'." Martin Zweig - 'Acheter en bourse au bon moment'.

Soyez zen !

Si l'on se base sur les données historiques du marché français, c'est à dire une rentabilité annuelle de 11,76% et une volatilité de 23,9%, voici les probabilités de gain pour une période donnée sont les suivantes :

Période Probabilité
de gain
1 an 0,6887
1 mois 0,5565
1 jour 0,5121
1 minute 0,5005
1 seconde0,5001

En d'autres termes, regarder le cours toutes les minutes, voire même tous les jours ne rime à rien, sauf si vous avez une bonne raison de le faire !!!

Réflexion en cours...

Et pour aller plus loin...

Vous pouvez lire la page consacrée au risque. Vous y apprendrez à calculer la volatilité, comment comparer les performances de deux placements sur la base objective de leur ratio rendement/risque, etc.

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