Citiboy, Confessions explosives d'un trader repenti

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4ème de couverture

"Qui est Cityboy ? C'est le cadre arrogant avec costume et mallette que vous croisez dans le métro. C'est le frimeur qui gâche vos soirées entre amis en se ventant des fortunes qu'il rafle en bourse. C'est l'individu avide et sans scrupules dont les agissements plongent le monde dans le chaos. Et pendant une période de ma vie, ce type, c'était moi."

Pour la première fois, un ancien trader ose briser la loi du silence. Il dévoile les intrigues et la corruption qui sévissent au coeur de la City de Londres, à l'origine de la redoutable crise financière qui frappe le monde de plein fouet... Des bonus à six chiffres aux excès en tous genres, Geraint Anderson raconte les dessous d'un système cynique et impitoyable auquel il a participé pendant plus de dix ans.

"Sympathique et drôle, le financier au look juvénile portera toujours un regard décalé, jamais dupe sur cet$ univers fou dominé par l'avidité, les signes de richesse et les lignes de cocaïne."
Natacha Tatu - Le Nouvel Observateur

Geraint Anderson est né en 1972 à Londres et a rejoint la City en 1996 en tant qu'analyste junior pour la banque néerlandaise ABN Amro. Un an plus tard, il passe à la banque française Société Générale, puis en 1999 à l'allemande Commerzbank avant de se retrouver un an plus tard chez sa compatriote Dresdner Kleinwort. Nommé deux années de suite meilleur analyste de la banque d'investissements, il grimpe vite les échelons et est nommé coresponsable de son équipe. Il commence à se tailler une solide réputation dans la capitale financière et est élu quatrième meilleur analyste de la City, sur un classement qui en compte une centaine. En 2007, il empoche un bonus de 500 000 livres (571 000 euros), alors même que depuis 2006, il écrit, sous le pseudonyme Cityboy, dans un journal gratuit, le Londonpaper, pour lequel il confie en initié ce qui se passe vraiment dans les salles de marché. Puis, il y a quelques mois, il décide de quitter le monde de la finance, cynique et arrogant, pour faire quelque chose de bien de sa vie. C'est alors qu'il décide d'écrire Cityboy - Confessions explosives d'un trader repenti.


Prologue

Avec le recul, je pense que c'est ce cinquième verre d'absinthe qui a coûté 1,2 million de livres à ma banque. Les quelques pintes de Old Thumper que j'avais l'habitude de prendre au Masons, le dimanche soir, avaient dégénéré en une beuverie que n'importe quel agent de change bien avisé de vingt-neuf ans aurait dû éviter. Alors que nous étions encore au pub, un comique avait appelé le Dealer, et quelques grammes de la meilleure bolivienne nous avaient été livrés par scooter. Et quand mon tour arriva d'entrer dans les toilettes et de sniffer avidement le sachet, je remerciai le ciel que le lendemain soit un jour férié. Bientôt mes trois respectables amis se lancèrent dans une discussion exaltée, comme si leur vie en dépendait, tandis que je passais sur pilotage automatique et m'affalais dans le plus confortable des fauteuils du pub, pour m'abandonner à une bienheureuse hébétude.

J'ignore toujours comment nous nous sommes tous retrouvés chez Sam. Tout ce que je sais, c'est que j'avais perdu depuis longtemps le contrôle de la situation lorsque cet affeux liquide vert a fait son apparition. Sam, en hôte accompli, ne laissait pas nos verres se désemplir, et mes trois chômeurs de copains, fidèles à eux-mêmes, profitaient de ces libations sans retenue. A cinq heures du matin, le Dealer nous avait fait encore deux fois l'honneur de sa visite et la conversation se limitait à quelques échanges sporadiques à peine compréhensibles. Assis autour de la vieille table de salle à manger de la grand-mère de Sam, qui disparaissait sous les reliefs de notre petite fiesta, nous échangions les réflexions désabusées qui suivent invariablement de telles agapes. Et c'est dans cet état semi-comateux que j'ai décidé de me rappeler à la présence de mes copains. J'ai alors lancé la première banalité qui m'a traversé l'esprit.

- Les mecs, tout ce que je peux dire, c'est qu'on a du bol que demain soit férié !

Comme dans un mauvais rêve, mes potes se turent brutalement, se tournèrent vers moi, puis se penchèrent vers ma face blême et éclatèrent de rire, telles des Parques hystériques.

Notre dealer et ami, Jim, fut le premier à retrouver sa voix.

- T'es carrément à l'ouest, mon pote ! C'est lundi prochain qui est férié !

- Déconne pas, c'est pas le moment ! répondis-je, feignant la nonchalance avec un rictus et un regard angoissé dignes d'un adolescent qui jure à ses parents qu'il ne fume pas alors même qu'il cache une cigarette dans son dos.

- Non, mon vieux, aujourd'hui nous sommes le 18 et c'est le 25 qui est férié, renchérit Nick, le troisième membre des Losers Anonymes.

Qu'il sût une chose pareille alors qu'il n'avait pas bossé une seule journée de sa vie depuis 1992 dépassait mon entendement. Mais il y avait une assurance dans sa voix que ne suffisait pas à expliquer sa consommation de coke, même s'il en avait absorbé assez pour alimenter l'armée colombienne pendant quinze jours.

- Merde ! Je dois être au bureau dans une heure ! Le Génie est en vacances et j'ai l'air d'un camé.

Je ne sais plus si je l'ai pensé ou si je l'ai dit. Tout ce que je sais, c'est que, quelques secondes plus tard, je fonçais comme un dératé sur la route qui conduit chez moi, avec le coeur qui pompait comme si Mike Tyson venait de passer quatre heures à tenter de le ranimer. Je bataillai avec mes clés pour ouvrir ma porte et sautai sous la douche. Les cheveux encore trempés, je mis une chemise Thomas Pink et quittai la maison tout en enfilant la veste de mon costume Gieves and Hawkes.

Durant le trajet sur Central Line, qui me parut interminable, j'entraperçus le pâle reflet de mon visage sur les vitres fonçées du train et constatai que j'avais vraiment une mine de déterré. J'avais ouvert le Financial Times mais, secoué de tics, je ne retenais pas un mot de ce que je lisais, au point de finir par me demander si je n'aurais pas mieux fait de me faire porter pâle. Cette idée géniale ne parvint à ma conscience embrumée qu'aux alentours d'Oxford Circus et j'avais déjà parcouru la moitié du chemin. Seule une loyauté bizarre envers mes collègues, sans doute mal placée d'ailleurs, m'empêcha du train et de changer de quai. Malgré la sueur qui recouvrait mon front, j'espérais récupérer mes esprits après deux bons cafés, à condition que tout se passe bien dans mon secteur1.

J'entrai dans la banque, passai le filtre de la sécurité et pris l'ascenseur jusqu'au quatrième étage. Je traversai la grande salle jusqu'à mon bureau à six heures cinquante-cinq minutes précises, sans me laisser déstabiliser par le désagréable "le week-end a été chaud, on dirait !" lancé par un pauvre con de collègue qui voyait bien dans quel état lamentable j'étais. J'avais cinq minutes pour passer en revue les grands titres de Reuters, mais je les perdis à prier notre grand créateur pour que RIEN N'ARRIVE DANS MON PUTAIN DE SECTEUR !

Lorsque je vis les titres en rouge apparaître sur l'un de mes deux écrans à sept heures tapantes, m'informant qu'une centrale électrique appartenant à Scottishpower venait de sauter dans l'Utah, je sentis mes forces m'abandonner. Très vite, une suée chargée de toxines trempa ma chemise et j'eus du mal à respirer normalement. Dieu tout-puissant, rien de pire ne pouvait m'arriver ! C'était mon collègue, le Génie, alors en vacances, qui s'occupait de Scottishpower. Cette boîte figurait parmi ses recommandations d'achat sur notre secteur et il venait d'y avoir apparemment un gros problème dans un Etat dirigé par ces baiseurs de Mormons et situé à des milliers de kilomètres de ma pauvre petite cervelle épuisée.

Une minute ne s'était pas écoulée que mon téléphone sonnait déjà. Avant même de regarder le numéro affiché sur l'écran, je devinai que c'était mon copain Gary qui voulait savoir comment se positionner à l'ouverture de la Bourse, à huit heures. Comme un lapin pris dans les phares d'une voiture, je restai les yeux braqués sur le combiné et c'est seulement en sentant peser sur moi le regard de mes collègues que je trouvai le courage de décrocher. En tant qu'analyste financier, c'était à moi qu'il incombait d'indiquer à Gary la conduite à adopter, et il n'était pas question de me défiler.

[...]

 

1 Les marchés sont divisés par secteurs d'activités (agroalimentaire, pharmacie, chimie, BTP, médias, télécoms...) et les analystes sont, en général, spécialisés par secteur. Steve Jones est analyste du secteur des services collectifs (électricité, eau, gaz, déchets...) (N.d.T.).


Sommaire

Qui est Cityboy   9
Avertissement   11
 
Prologue (Le camé)   13
1. Le gourou   23
2. Le trader   55
3. L'enflure   87
4. Le Génie   131
5. Le client   167
6. Le leader   221
7. La Pouf   279
8. Le jeune diplômé   313
Epilogue (Le hippie)   351
Dernière minute (ou l'heure de vérité ?)   361
 
Remerciements   377

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