Vincent Bolloré, enquête sur un capitaliste au-dessus de tout soupçon

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Caractéristiques

Auteur : Nathalie Raulin & Renaud Lecadre
Edition : Denoël, 2000
ISBN : 2-207-24946-8
Nombre de pages : 334
Prix : 18,11 euros


4ème de couverture

Vincent Bolloré est le plus turbulent des capitalistes français, le plus atypique, le plus imprévisible. Issu d'une vieille famille d'industriels bretons, très liée à l'establishment financier, il joue volontiers au corsaire des affaires.
De Bouygues à la banque Lazard, en passant par Rivaud et Pathé, Vincent Bolloré s'est fait une spécialité : attaquer les forteresses réputées imprenables. Avec une maestria extraordinaire, il mise sur tous les tableaux, de l'O.P.A. hostile à l'alliance piégée, de la déstabilisation feutrée au putsch musclé.

Entrepreneur hors pair et redoutable manipulateur, le "Petit Prince du cash flow" des années 80 est resté très soucieux de son image. Il a su mieux que d'autres s'adapter à la nouvelle planète des affaires : un monde de coups tordus et de bagarres féroces, de secrets et de connivences.

Ce livre est autant la saga d'un franc-tireur qu'une fresque du business tel qu'il se pratique. Un voyage haut en couleur dans les coulisses du capitalisme français.

 

Nathalie Raulin et Renaud Lecadre sont journalistes économiques à Libération.


Avant-propos

La besace de Vincent Bolloré est remplie de petites histoires bien à lui. Elles sont souvent drôles, truculentes, étonnantes. Fausses, parfois. Il adore les raconter, se raconter, parler et faire parler de lui. Ces saynètes lui permettent de dessiner à petites touches l'itinéraire d'un entrepreneur flamboyant - il l'est assurément -, charismatique - pour le meilleur et pour le pire -, et atypique - indubitablement. Sympathique ? Lui-même dit qu'il ne l'est pas, mais ne ménage pas ses efforts pour laisser croire. Qu'importe, ses histoires sont l'Histoire telle qu'il aimerait qu'elle soit racontée, telle qu'il se la raconte.

Breton pugnace, héritier d'une entreprise en faillite mais riche en relations, Vincent Bolloré s'est hissé, à l'issue d'une prodigieuse série de bagarres - coups de poing directs dans la figure, mais aussi coups de poignard dans le dos -, au rand de grand patron français. Vincent Bolloré est bon public de sa propre épopée, c'est pourquoi il raconte volontiers ses histoires. A lui-même, pour s'amuser, comme à ses interlocuteurs, pour les embobiner. Qui sait ? Cet éternel gamin de 47 ans croit peut-être qu'elles sont vraies.

Riche, Vincent Bolloré possède un capital auquel il tient au plus haut point : son image. Il l'a toujours cultivée, comme jamais aucun autre patron français, quitte à l'infléchir en cours de route, selon les recettes en vogue : du jeune "archange1" des années 80, encensé par les médias, au pitbull de la décennie 90, accroché aux mollets de Bouygues, Vincent Bolloré n'a rien à renier. Mi-ange, mi-démon, depuis le début. Sage et retors à la fois, charmeur et menteur, ses proches disent qu'il n'a pas beaucoup changé en quarante ans.

Son père lui avait programmé une carrière politique, au motif que "Vincent est trop intelligent pour faire de l'industrie". Les circonstances en ont décidé autrement. Ce rejeton d'une vieille dynastie industrielle s'est finalement plié au karma familial, avec cette obsession toute personnelle : "faire des coups", en donner, en prendre. Vincent Bolloré pratique le business comme d'autres font de la politique, avec les mêmes ingrédients. Faconde agréable, double langage, esprit de clan au service d'une ambition personnelle démesurée, et surtout sens du combat. L'activité économique vue comme un échiquier, où les protagonistes sont des pions au service de son inexorable ascension. Vincent Bolloré n'a même pas 50 ans, il ira encore très loin.

De la politique, Vincent Bolloré a également tiré ce vieux réflexe bipolaire : les hommes sont pour ou contre lui. Et une forme de quadripartisme : chez ses amis, il y a ceux qui tolèrent ses foucades et coups tordus avec un regard amusé, ceux qui les supportent de moins en moins ; chez ses ennemis, il y a les irréductibles et ceux qu'il sera toujours possible de retourner un jour en les cajolant. Vincent sait faire.

Conséquence logique, le héros de ce livre est viscéralement méfiant, soupçonneux. "Comme il est prêt à lutter jusqu'au bout pour parvenir à ses fins, explique un proche, il imagine naturellement la réciproque." N'en déplaise à Vincent Bolloré, les auteurs du présent ouvrage n'ont pas été payés par Martin Bouygues, ennemi irréductible... Il l'a répété à sa manière, tout en sourire forcé. L'hypothèse est risible, la ligne de défense grotesque.

Vincent Bolloré ne va pas aimer ce livre. Avant même de l'avoir lu, il ne l'aime pas. Par principe : chez les Bolloré, industriels et catholiques bretons de génération en génération, on ne déballe pas le linge sale en public. Un jour, son oncle Gwen-Aël a bien étrillé son père Michel, mais c'était dans un roman à clés pour initiés2. Vincent, qui a profité de la zizanie familiale pour se faire une place au soleil, ne souhaite pas s'étendre là-dessus. On comprend sa pudeur.

A visage découvert, d'autres s'y sont frottés, comme Mireille Rusinak, ancienne rédactrice en chef de Valeurs actuelles. En 1989, elle a publié un livre sous forme d'une galerie de portraits de grands patrons français3. A la suite d'un courrier envoyé à l'éditeur, le chapitre consacré à Vincent Bolloré a disparu. Nul risque de ce genre dans le cas présent : l'aventurier a accepté d'apporter son témoignage, dialogué longuement avec les auteurs. Et pourtant, il ne va pas aimer, car, de l'avis général, Vincent Bolloré possède un sens très limité de l'autocritique et de l'introspection.

Ce livre n'est pas à charge mais, plus modestement, se propose de raconter son histoire telle qu'elle peut être reconstituée auprès de ses protagonistes et de son personnage principal. Les petites histoires narrées par Vincent Bolloré lui-même y auront leur juste place - congrue, donc, mais nécessaire et suffisante.

 

1. Ce surnom lui est donné dans un roman à clés de Michel Clerc, L'Honneur des Kerguelen (Editions du Rocher), qui raconte l'itinéraire du jeune héritier d'une dynastie sucrière, simple transposition de la saga des papeteries Bolloré. Vincent aime beaucoup ce livre dont il est le héros. Les personnages secondaires ont sans nul doute moins apprécié.
2. Le Dîner bleu, publié à compte d'auteur par Gwen-Aël Bolloré.
3. Les Bons, les Brutes et les autres (Belfond).


Sommaire

Avant-propos7
 1. Tryptique pour une ébauche11
 2. Un héritage de papier15
 3. Le petit prince du XVIe23
 4. Merci, baron33
 5. Une légende à un franc43
 6. Signé Vincent Bolloré55
 7. Genèse d'un réseau62
 8. Vincent fait son show-business70
 9. Coup de tabac en Afrique79
10. L'affaire est dans la SCAC89
11. Un seul maître à bord98
12. Le don Juan de la haute finance109
13. L'affaire Coparis117
14. A Bolloré, Bolloré et demie122
15. Abordage en eaux troubles130
16. Le trou noir143
17. Y a-t-il un P.-D.G. chez Bolloré160
18. Bien à gauche, heureux à droite168
19. Courtoisie et vieilles dentelles182
20. Main basse sur le trésor Rivaud196
21. Saint Vincent, patron des pêcheurs 219
22. Petites ruses et grande manoeuvre 224
23. Afrique, domaine réservé234
24. Breton de sang et d'ailleurs251
25. Bouygues vaut bien une guerre256
26. Banco !275
27. Le sniper et l'establishment282
28. Vive la sociale297
29. Le bric-à-brac d'un milliardaire307
30. Vincent Bolloré "animal spirit"316

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